Lors de fouilles menées sur le site romain d'Ulpia Noviomagus aux Pays-Bas, des archéologues ont découvert le grand complexe thermal de l'époque romaine du pays.
Lors de fouilles menées sur le site romain d’Ulpia Noviomagus aux Pays-Bas, des archéologues ont découvert le grand complexe thermal de l’époque romaine du pays. (©Gemeente Nijmegen)
À Nimègue, lors de fouilles menées sur le site romain d’Ulpia Noviomagus, le plus grand complexe thermal de l’époque romaine découvert aux Pays-Bas a été mis au jour. Il est d’une superficie de 4900 m² ! Au cours des fouilles, des îlots d’habitations reliés par des rues, de luxueuses maisons de ville et une tour ont également été découverts.
Pièces de monnaie et bijoux
Parmi les nombreuses trouvailles remarquables de ces fouilles, on compte également des épingles à cheveux en os, des bijoux, des pièces de monnaie et, par exemple, un magnifique buste en bronze représentant Bacchus, le dieu romain du vin.
Les dizaines de milliers d’objets découverts témoignent du luxe dans lequel vivaient les habitants de ce quartier il y a environ 1800 à 1900 ans. « On a mis au jour des fragments de statues en bronze, des bagues sigillaires et un collier à fermoir en or. Les centaines d’épingles à cheveux en os, utilisées pour les coiffures sophistiquées des Romaines, sont également remarquables. Deux d’entre elles sont ornées d’un chat (à l’air furieux), l’un assis et l’autre debout. Le buste en bronze de Bacchus est aussi une pièce exceptionnelle. À l’origine, il faisait partie d’un pichet ou d’un meuble, puis fut muni d’un anneau pour servir de support à une balance », relatent les archéologues dans un communiqué édité par la Ville de Nimègue.
Des thermes recouverts de marbre
Les fouilles révèlent également l’utilisation de matériaux de construction coûteux, conférant au complexe thermal de Nimègue une apparence luxueuse.
Les murs intérieurs des bains étaient revêtus de marbre et les sols étaient recouverts de dalles de calcaire noir et blanc. Dans d’autres pièces, les murs étaient ornés de plâtres peints de couleurs vives. Des moulures décoratives étaient intégrées aux façades. De plus, des colonnes en calcaire et en grès étaient utilisées dans les bâtiments des bains.
Les vestiges des thermes sont en partie remarquablement bien conservés. De larges sections des caniveaux et des sols demeurent intactes, notamment un sol en béton surmonté de piliers en brique d’un hypocaustum, le système de chauffage romain par le sol. Les fouilles ont clairement démontré que cette partie de la ville est restée pleinement utilisée jusqu’au IIIᵉ siècle apr. J.-C.
Joost Mulder, directeur régional Nord-Est et Centre de BPD, explique: « Pendant des années, les vestiges du passé romain à cet endroit sont restés invisibles, enfouis profondément sous terre. Aujourd’hui, avec la création de ce nouvel espace de vie, le passé est mis au jour. Ce lien avec le passé restera visible à l’avenir. Par exemple, plusieurs immeubles d’habitation disposeront d’une allée couverte ornée de colonnes, une colonnade comme à l’époque romaine. La place verte au cœur du quartier, dont l’aménagement s’inspire du plan des thermes, portera le nom de Thermenplein, en référence directe au lieu de rencontre romain qui s’y trouvait il y a environ 2 000 ans. »
Certaines de ces découvertes pourront être admirées à partir du 29 juin dans une vitrine du hall de l’hôtel de ville de Nimègue.