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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

10/01/2026 14:50 233
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À Xi’an, des archéologues ont ouvert un tombeau Tang resté intact. Or, argent, motifs venus d’ailleurs : ces objets funéraires racontent un empire connecté bien avant notre époque.

Dans le district de Chang’an, à Xi’an (province du Shaanxi), une fouille menée entre janvier 2022 et avril 2024 a livré un tombeau de la dynastie Tang remarquablement conservé. L’ensemble est identifié sous le code M228 et attribué à Ma Sanniang, épouse d’un officier militaire nommé Dong Shunxian, inhumée en 698.

Les archéologues y ont recensé 19 objets funéraires : céramiques, bronzes, pièces en fer et en pierre, mais aussi une série d’artefacts en or et en argent, dont plusieurs accessoires associés à la parure et aux usages domestiques des élites. Pour les chercheurs, la qualité d’exécution signale un artisanat très maîtrisé, pensé pour accompagner le statut social de la défunte jusque dans la mort.

Quand un décor raconte la Route de la Soie

Parmi les pièces les plus parlantes figurent un récipient en argent et une coupe à pied décorés de motifs de vigne. Ce choix n’est pas anodin : dans l’art Tang, ces décors sont fréquemment associés à des influences des régions occidentales, un vaste espace relié aux circulations de la Route de la Soie. Ici, l’intérêt n’est pas seulement esthétique : un motif importé implique des contacts, des goûts partagés, et parfois des artisans capables d’adapter des formes venues d’ailleurs.

Ce type de détail prend tout son sens à Chang’an, l’ancienne capitale des Tang, souvent décrite comme une grande ville-carrefour. Les objets ne prouvent pas, à eux seuls, l’itinéraire d’un marchand ou l’origine d’un atelier, mais ils documentent une réalité matérielle : les élites locales consommaient un luxe qui parlait plusieurs langues visuelles.

Ce que les tombes disent des élites, et de la Chine au quotidien

Les objets de Ma Sanniang éclairent aussi un angle souvent moins visible : la place des femmes de haut rang dans la culture matérielle Tang. Bijoux, récipients, pièces de toilette ou de présentation ne sont pas de simples "richesses enterrées" : ils signalent des usages, des codes de distinction, et une manière d’afficher son rang, y compris dans le cadre funéraire.

D’autres découvertes récentes sur la période Tang vont dans le même sens, en changeant l’échelle: non plus le luxe, mais la vie ordinaire. Près de Taiyuan (province du Shanxi), des fresques de tombe ont montré des scènes de battage du grain, de puisage d’eau ou de fabrication de nouilles, et même la représentation d’un personnage aux traits étrangers, signe d’une société traversée par des présences venues d’ailleurs.

Le rapprochement ne dit pas que ces sites racontent la même histoire, mais il dessine un paysage cohérent: celui d’un empire où circulaient objets, styles et personnes.

https://www.geo.fr/

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