dimanche, 08/02/2026
  • Tiếng Việt
  • English
  • French

Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

07/01/2026 15:43 223
Rating: 0/5 (0 votes)

Au pied du mont Hora, au Malawi, des archéologues ont mis au jour un bûcher vieux d’environ 9 500 ans. Une découverte qui éclaire autrement les rites funéraires des chasseurs-cueilleurs.

 

À Chiradzulu, dans le sud du Malawi, un inselberg granitique, formation géologique comparable à celle du mont Hora, site d’une découverte archéologique majeure dans le nord du pays. © Godfrey Phiri / pexels

Dans le nord du Malawi, au pied du mont Hora, une équipe internationale a identifié les restes d’un bûcher funéraire daté d’environ 9 500 ans, la plus ancienne preuve de crémation intentionnelle en Afrique. Il s’agit d’une découverte exceptionnelle parce que le foyer est conservé in situ, avec des fragments d’os humains mêlés aux cendres et au charbon.

Ce type de preuve est rare à l’échelle mondiale pour des périodes aussi anciennes. Les chercheurs soulignent que les restes brûlés très anciens existent ailleurs, mais qu’ils ne sont pas forcément associés à une structure de crémation clairement construite et identifiable. Ici, le bûcher constitue justement le cœur de l’argument: on peut étudier le feu, son organisation et les gestes autour du corps.

Un site ancien, un geste funéraire hors norme

Le bûcher a été repéré sous un abri sous roche, dans un paysage marqué par un relief isolé (un inselberg) qui domine la plaine. Le lieu était fréquenté depuis très longtemps: des indices d’occupation et de sépultures plus anciennes y ont déjà été documentés, ce qui suggère un espace connu, revisité, et chargé de sens pour plusieurs générations.

Les ossements retrouvés sont très fragmentés: environ 170 fragments, selon les synthèses accessibles. Les analyses décrivent un adulte de petite taille, probablement une femme, et indiquent que le corps a été placé sur le bûcher peu de temps après le décès. Les chercheurs évoquent aussi des marques compatibles avec une préparation du corps avant la combustion, et l’absence de certaines parties, dont le crâne, qui ouvre des hypothèses sur des gestes de prélèvement ou de conservation.

Ce que raconte un bûcher: feu, organisation, mémoire collective

Étudier un bûcher, ce n’est pas seulement dater un événement: c’est reconstituer un processus. Les descriptions disponibles insistent sur l’entretien du feu et sur le fait qu’une crémation en plein air exige une coordination, du combustible, et du temps. Autrement dit, un acte socialement organisé.

La portée de la découverte dépasse le cas du mont Hora. Elle oblige à nuancer l’image de groupes de chasseurs-cueilleurs longtemps perçus comme socialement peu structurés et faiblement ritualisés: ici, un traitement funéraire exceptionnel, dans un lieu fréquenté sur la longue durée, suggère des pratiques élaborées et une mémoire des lieux. Les auteurs de l’étude l’interprètent comme un indice de complexité sociale et de rites funéraires structurés, bien avant l’essor de sociétés agricoles.

https://www.geo.fr/

Shares: