samedi, 14/02/2026
  • Tiếng Việt
  • English
  • French

Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

05/01/2026 15:38 254
Rating: 0/5 (0 votes)

Grâce à l'imagerie par tomographie 3D, une épée de la Renaissance oubliée dans les cryptes du Collège d'Iéna en Allemagne dévoile enfin ses mystères. Entre gravures secrètes et techniques d'armurerie avancées, elle met en lumière le savoir-faire des artisans et l'élégance des élites du XVIe siècle.

 
 

Inscription révélée sur la face décorative de la lame. Les lettres, d'environ 0,6 millimètres d'épaisseur, ont été incrustées dans l'acier à partir de fines plaques de cuivre (damasquinage). © INNOVENT Technologieentwicklung und Forschung in Jena

est une découverte qui donne un nouveau souffle à l'histoire multicentenaire de l'université Friedrich Schiller d'Iéna, l'une des plus anciennes d'Allemagne encore en activité (Land de Thuringe). Une épée de la Renaissance, mise au jour dans le cœur historique du Collège d'Iéna (Collegium Jenense), a récemment fait l'objet d'une réanalyse grâce aux technologies modernes, menée par une équipe de chercheurs interdisciplinaires de l'institution. Sous l'épaisse couche de rouille, ils ont ainsi révélé la présence d'une inscription dissimulée, a annoncé l'institut INNOVENT e.V. chargé de l'étude dans un communiqué du 24 octobre 2025.

 
 

Épée corrodée du Collège d'Iéna avec restes du fourreau. © INNOVENT Technologieentwicklung und Forschung in Jena

Vestiges du passé au Collège d'Iéna

Le Collège d'Iéna a été fondé en 1558, en même temps que l'université éponyme. Il servait à la fois de bâtiment d'enseignement, de résidence pour professeurs et étudiants et de centre administratif. Son église (Kollegienkirche), utilisée pour les offices universitaires et comme lieu de sépulture entre 1594 et 1814, en constituait le centre le plus important avant d'être détruit par une bombe à la fin de la Seconde guerre mondiale. Dans certains caveaux, les archéologues ont retrouvé de riches objets funéraires précieux (bijoux, livres, vêtements, épées).

Comment vivaient les professeurs et les étudiants au début de l'ère moderne ? Comment s'habillaient-ils ? Que mangeaient-ils ? De quoi mouraient-ils ? Depuis 2018, des scientifiques de l'université tentent de répondre à ces questions et à bien d'autres à travers le projet "Histoire des débuts de l'université d'Iéna à partir du quartier universitaire, avec une attention particulière pour les tombes des recteurs". Dans ce cadre, ils analysent les différentes trouvailles à l'aide des méthodes aujourd'hui disponibles. Notamment, une épée rouillée dont la restauratrice Ivonne Przemuß soupçonnait qu'elle était gravée.

Pour vérifier cette hypothèse, l'équipe de l'institut INNOVENT e.V. a utilisé la tomographie assistée par ordinateur (CT-scan), technique qui utilise des rayons X pour créer une image en 3D de l'intérieur d'un objet sans l'endommager. "À l'aide d'algorithmes d'analyse, les chercheurs ont pu extraire des images en niveaux de gris les différents matériaux de l'épée rouillée et les représenter en fausses couleurs", est-il décrit. Sur la lame d'acier, ils ont ainsi identifié des restes du fourreau. Une autre partie de l'arme était davantage corrodée, si bien qu'une des lettres gravées de l'inscription s'est retrouvée effacée.

Une épée de prestige destinée à l'élite

Pour autant, ils sont parvenus à lire un nom : "Clemes Stam". Il ne désigne pas le propriétaire de l'arme, mais un forgeron attesté dans la ville allemande de Solingen à la fin du XVIe siècle. La tomographie a également permis de révéler que l'artisan avait soudé plusieurs types d'acier entre eux : un acier dur pour le tranchant, un acier souple et élastique au cœur. Une encoche, visible sur la lame, pourrait correspondre à une marque de coup.

Des armes comparables, datées entre 1580 et 1620, sont conservées au musée allemand de la lame à Solingen (Deutsches Klingenmuseum Solingen). Il faut dire que l'artisanat de la coutellerie y est attesté depuis le début du XIIIe siècle. Dès le début du XIVe, les artisans aiguiseurs (schleifer) s'organisent en corporations, jouant un rôle particulièrement important dans l'économie de la cité.

Leurs ateliers fournissent des armes exclusives à la noblesse et aux élites européennes, y compris au roi d'Espagne. Ainsi, l'épée d'Iéna n'aurait pu appartenir qu'à un recteur de l'université ou un étudiant de l'aristocratie. En outre, ses lettres ont été décorées grâce à la technique du damasquinage, consistant à incruster un métal précieux (ici, du cuivre) dans l'acier – ce qui témoigne, à nouveau, du statut de son ancien propriétaire.

https://www.geo.fr/

Shares: