Des archéologues iraniens ont fait une découverte étonnante récemment. Au cœur de ce qui était auparavant un berceau de la civilisation de l’Élymaïde, ils sont tombés sur une gravure qui ressemble drôlement à un récit mythologique grec.
Nul besoin d’être spécialiste de la mythologie pour connaître cette scène. Selon les récits grecs, Héraclès, héros et fils de Zeus, est sommé de mener douze travaux réputés impossibles à accomplir pour prouver qu'il est à demi-dieu. La seconde tâche qui lui est imputée est un combat à mort contre l’hydre de Lerne, une créature à corps de serpent et à plusieurs têtes. Les représentations de ce travail d’Héraclès – Hercule dans la mythologie romaine - sont nombreuses. Des archéologues viennent peut-être d’en découvrir une nouvelle.
Selon Tehran Times, des chercheurs sont tombés sur une gravure très particulière, dans le sud-ouest de l’Iran récemment. Sur un site qui correspond à la région antique de l’Élymaïde, dont la civilisation semi-autonome a prospéré entre le IIe siècle avant JC et le début du IIIe siècle de notre ère, les spécialistes pensent avoir trouvé une preuve de contacts entre les Élyméens et les Grecs.
Une créature mythologique au plein cœur de l’Iran
Le relief découvert mesure 70 centimètres sur 81. S’il est un peu abîmé à cause du temps et de l’érosion naturelle de la roche, on distingue encore trois silhouettes. Sur la gauche de la gravure, on aperçoit un homme nu, très musclé, de trois-quarts. Dans sa main droite, il tient un objet rond et large, probablement une arme. De sa main gauche, il enserre le cou d’un autre personnage, au centre. Celui-ci est une créature semblable à un serpent à trois têtes. Sur la droite, un deuxième homme, de face, est habillé comme les figures religieuses habituellement vues sur les reliefs élyméens.
Plusieurs éléments ont attiré l’attention des chercheurs sur ce relief. D’abord, si ce motif était très régulièrement observé sur les pièces de monnaie grecques autour de 325 avant Jésus-Christ, les Élyméens n’avaient pas pour habitude de dessiner des créatures semblables à des serpents. La gravure de cette scène est d’autant plus étonnante que les Élyméens avaient réussi à garder une certaine indépendance vis-à-vis des autres civilisations, en créant une forte identité régionale et en développant leur propre courant artistique.
Où les Élyméens ont-ils trouvé l’inspiration pour graver cette scène ?
Selon Ayyoub Soltani, directeur de Masjed Soleyman Cultural and Industrial Landscape National Base, qui a annoncé la découverte aux médias, ce relief pourrait "représenter un rituel ou une scène mythologique, potentiellement influencée par des traditions méditerranéennes tout en restant ancrée dans un système de croyance local".
S’il n’est pas possible d’établir un lien direct entre le mythe d’Héraclès, les pièces grecques frappées de cette tâche accomplie par le héros contre l’Hydre, et la gravure retrouvée sur les terres iraniennes actuelles, les parallèles se dressent d’eux-mêmes. Les chercheurs pensent que les artistes élyméens ont été inspirés par les thèmes mythologiques et les ont intégrés à leur propre culture et foi. Tout cela devra être étayé. Mais cela pourrait être la preuve du rôle d’intermédiaires que les Élyméens ont joué entre les traditions iraniennes, mésopotamiennes et grecques.