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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

19/12/2025 14:21 820
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Au Néolithique, dans les premiers villages agricoles du Proche-Orient, les nombres ne s'écrivaient pas, mais se dessinaient sur des poteries à l'aide de fleurs symétriques, de pétales organisés par paires, d'autres motifs répétés et des espaces savamment calculés entre eux.

 

ien avant l'existence des mathématiques formelles, avant même que les chiffres ne soient gravés sur des tablettes d'argile ou consignés sous une écriture cunéiforme, les premières communautés agricoles du Proche-Orient savaient déjà compter. Pas avec des nombres, mais avec des formes répétées ou encore des fleurs peintes sur des poteries. Publiée début décembre dans le Journal of World Prehistory, une étude affirme que des décors végétaux, vieux de plus de 8 000 ans, reflètent "une compréhension naissante de l'ordre, des proportions et de l'arithmétique".

Comme le résument les auteurs, ces motifs, antérieurs de plusieurs millénaires à l'écriture, ne relèvent pas de "la simple décoration", mais traduisent "une recherche consciente de régularité".

Des fragments issus de 29 sites archéologiques

Deux chercheurs de l'Institut archéologique de l'Université hébraïque de Jérusalem se sont penchés sur les productions de la culture halafienne, qui s'est épanouie dans le nord de la Mésopotamie (aujourd'hui le sud-est de la Turquie, le nord de la Syrie et le nord de l'Irak) entre environ 6 200 et 5 500 avant notre ère. Contrairement à l'art préhistorique ancien, largement dominé par les animaux ainsi que les figures humaines, ces communautés agricoles ont mis à l'honneur de leurs créations des plantes. Fleurs, branches et arbustes couvrent bols, jarres et assiettes, souvent disposés avec une symétrie presque obsessionnelle.

En analysant des milliers de fragments provenant de 29 sites archéologiques différents, Sarah Krulwich et Yosef Garfinkel ont découvert une sorte de "vocabulaire visuel commun", où la précision de la composition prime sur la "fidélité botanique".

Des nombres qui reviennent

La manière dont ces motifs ont été organisés a particulièrement intrigué le duo. De nombreuses poteries présentent de grandes fleurs en leur centre, dont les pétales sont majoritairement divisés en des nombres répétitifs : 4, 8, 16, 32, parfois 64. Dans un des cas, le fond d'un bol est divisé en une "grille" comprenant 64 petites fleurs soigneusement positionnées. Pour l'équipe à l'origine de l'étude, il n'y a pas de hasard.

"Diviser un cercle en parts égales suppose une planification, une cohérence et une maîtrise de l'espace qui relèvent clairement d’un raisonnement arithmétique", écrivent-ils.

Pour eux, ces motifs floraux sont "l'une des premières expressions connues de la logique arithmétique" et elles viennent bousculer les idées reçues selon lesquelles les mathématiques seraient nées avec les premières villes et les besoins de la comptabilité. Dans ces villages halafiens, habitués à se répartir terres et récoltes, le calcul semble bien avoir émergé de la vie ordinaire.


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