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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

16/09/2025 21:22 1193
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Vue du site archéologique de Peñico au Pérou © Promperu/IndigoFrance

Le Pérou continue de s’imposer comme berceau de civilisations précolombiennes avec l’ouverture du site archéologique de Peñico le 12 juillet. Mais l’accès aux touristes de la cité millénaire soulève un débat qui confronte enjeux économiques et historiques.

Depuis la découverte de la cité sacrée de Caral il y plus de 30 ans au Pérou, la province de Barranca a été passée au crible par les archéologues. Peu à peu, l’équipe menée par Ruth Shady met en lumière la cité de Peñico, dans le nord de la région de Lima, entre les vallées de Supe et de Huaura. Cette cité vieille de 3 800 ans devrait permettre une compréhension plus aiguë du développement des premières sociétés américaines. Elle est cependant ouverte aux visiteurs depuis le 12 juillet, ce qui pourrait nuire aux recherches.

Une cité pleine de richesse

Dans cette cité proche de Caral, les archéologues ont révélé une planification urbaine avancée et 18 structures architecturales monumentales, dont des espaces cérémoniels. Ils y ont retrouvé beaucoup d’objets comme des sculptures en argile, des bijoux souvent constitués de coquillages précieux et des outils en pierre comme des meules, des marteaux, des enclumes.

Ruth Shady, directrice de la zone archéologique de Caral et chercheuse à l’Université Nationale majeure de San Marcos, pense que la cité « contient des éléments qui permettront d’approfondir la compréhension des crises auxquelles cette civilisation a été confrontée entre 1800 et 1500 avant J.-C. ». En effet, Peñico a fait face « à des crises environnementales majeures » explique Marco Machacuay, archéologue au ministère péruvien de la Culture, pour qui la cité témoigne de la résilience des populations précolombiennes. La région a subi successivement des sécheresses et des inondations, forçant les populations à quitter Caral, à investir un plateau perché à 600m d’altitude et à fonder Peñico.

 
 

Vue du site de Peñico, situé à 600 m d’altitude, entre les vallées de Supe et de Huaura © Promperu/IndigoFrance

Peñico, ancienne plaque tournante de la région

Peñico occupait une place géostratégique majeure pour les communautés qui peuplaient ces régions deux millénaires avant notre ère. Selon Ruth Shady, « c’était un centre urbain organisé qui était consacré à l’agriculture et aux échanges commerciaux entre la côte Pacifique, les montagnes des Andes et la forêt amazonienne ». Par exemple, on a retrouvé dans le bâtiment « B2 », la plus grande structure architecturale du site, des sculptures de singes qu’on ne rencontre que 100 km à l’Est de Peñico, au-delà de la Cordillère des Andes, au cœur de la jungle. Ainsi, Peñico représentait le centre d’un vaste réseau d’échanges culturels et économiques.

 
 

Espace cérémoniel de l’ancienne cité de Peñico ©Promperu/IndigoFrance

Tourisme et recherche

La découverte de la cité de Peñico enrichit l’offre culturelle du Pérou, un pays pour qui le tourisme est un pilier économique (1 emploi sur 9 est lié au tourisme). Le site a été ouvert aux touristes le 12 juillet, ce que Ruth Shady déplore. Elle souhaiterait en effet que le site soit protégé pour qu’il soit préservé et qu’ainsi, la recherche archéologique soit favorisée. D’autant que trois autres sites – Caral, Áspero et Vichama – sont déjà ouverts aux visiteurs. Peñico ravive donc la question de l’équilibre entre la mise en tourisme et la préservation des lieux culturels. Un enjeu particulièrement prégnant au Pérou, berceau de civilisations millénaires dont le territoire est constellé de sites archéologiques comme le Machu Pichu, Nazca ou Chan Chan.

 
 

Le tourisme est un pilier économique du Pérou, avec 3 à 5 millions de visiteurs par an. Le secteur représente près de 8% du PIB © Promperu/IndigoFrance

https://www.connaissancedesarts.com/

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