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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

29/03/2024 15:50 376
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 L'Anatolie orientale, région énigmatique de Turquie, révèle de nouveaux secrets à travers une série de découvertes archéologiques fascinantes. Deux forteresses et temples à ciel ouvert, témoignant d'une richesse historique insoupçonnée, viennent d'être mis au jour.

 
 

La province de Tunceli, située en Anatolie orientale, en Turquie, s’est récemment démarquée par des découvertes archéologiques significatives, mettant en lumière des aspects méconnus de l’Âge de Fer et de l’époque hellénistique.

Des chercheurs de l’Université Yozgat Bozok et de l’Université Bolu Abant İzzet Baysal ont identifié deux complexes fortifiés abritant des temples à ciel ouvert, une première dans la région. Ces travaux, publiés dans le Journal de l’Institut des Sciences Sociales de l’Université Pamukkale, apportent des éclairages nouveaux sur les pratiques cultuelles et la structure sociale de ces périodes historiques, offrant une perspective plus nuancée sur la civilisation urartienne et son héritage.

Des vestiges révélateurs en Anatolie

Depuis 2016, une équipe d’archéologues de l’Université Yozgat Bozok et de l’Université Bolu Abant İzzet Baysal, dirigée par Serkan Erdoğan et Düzgün Çakirca, a exploré la province de Tunceli en Anatolie. Leur persévérance a été récompensée par la découverte de deux sites exceptionnels, Masumu-Pak et Aşağı Harik (Doluca).

Ils témoignent de la présence de communautés fortifiées datant de l’Âge de Fer. Ces lieux se caractérisent par leurs structures uniques. Ils offrent une perspective inédite sur un aspect jusqu’alors méconnu du patrimoine historique et culturel de la région. Les temples à ciel ouvert constituent une particularité de ces sites.

Ils remettent en question les connaissances sur les espaces cultuels de l’époque. En outre, ils soulignent une diversité dans les pratiques religieuses et rituelles.

L’aspect le plus remarquable de ces découvertes réside dans les altars sculptés à même la roche, entourés de plateformes. Il faut savoir que les altars sont des structures ou des surfaces sacrées utilisées dans des contextes religieux ou spirituels pour des offrandes, des sacrifices, ou des prières. Ils servent de point focal pour le culte et peuvent être situés dans des temples, des églises, ou à l’extérieur, symbolisant la communication avec le divin.

Les éléments découverts ici suggèrent que les habitants de Masumu-Pak et Aşağı Harik pratiquaient des rituels en plein air. Cette caractéristique reste rare pour les sites de l’Âge de Fer dans cette région. Elle indique une intégration profonde de la spiritualité dans le cadre naturel, une harmonie entre l’homme et son environnement reflétant une vision du monde particulière.

Les recherches de Erdoğan et Çakirca ouvrent ainsi de nouvelles perspectives sur la manière dont les communautés anciennes vivaient leur foi et organisaient leur espace sacré.

L’Anatolie et son patrimoine culturel riche

Les travaux menés par les archéologues mettent en avant l’empreinte indélébile laissée par l’Urartu. Il s’agit d’une puissance de l’Âge de Fer dont le cœur battait autour du lac de Van, dans l’actuelle Turquie. La datation des temples découverts à Tunceli les fait remonter au 7e siècle avant notre ère.

Cela souligne l’avancée et la sophistication des croyances religieuses de cette civilisation. L’étude détaillée de l’architecture de ces temples à ciel ouvert et de leurs altars révèle une conception du sacré étroitement liée à la nature et au paysage environnant.

Les rituels et cérémonies devaient être dédiés à des divinités spécifiques à l’Anatolie. Cela témoigne d’un échange culturel et religieux dense à cette époque. Les principales divinités urartiennes incluaient Ḫaldi, dieu suprême associé à la guerre et au ciel, vénéré comme protecteur du royaume.

Il y avait Teisheba, dieu de l’orage et de la guerre, équivalent du dieu hourrite Teshub. On trouvait également Shivini, le dieu solaire. D’autres divinités comme Arubani, la déesse de la fertilité et épouse de Ḫaldi, et les dieux mineurs associés à des aspects spécifiques de la nature et de la société complétaient ce panthéon.

Cette intégration des pratiques cultuelles urartiennes avec les traditions locales suggère un degré de syncrétisme religieux élevé, caractéristique des zones frontalières ou de contact culturel. La reconnaissance de divinités locales au sein du panthéon urartien témoigne ainsi d’une société ouverte aux influences extérieures, capable d’adapter et d’adopter de nouveaux éléments pour enrichir son propre héritage spirituel.

La dimension sacrée des lieux

De plus, la découverte d’un site lié au mythe de Moro Sur révèle une facette particulière des temples. Ils jouent un rôle dans les rituels de guérison. L’espace sacré ne servait pas uniquement au culte des divinités. Il se trouvait lié aussi à des fins thérapeutiques.

Les références au serpent indiquent une croyance en la capacité de ces lieux sacrés à offrir réconfort et renouveau. Effectivement, il s’agit d’un symbole de régénération et de guérison dans de nombreuses cultures. C’est également la cas dans les traditions urartiennes et locales.

 
Serkan Erdoğan et Düzgün Çakirca dans l’une des forteresses. © IHA

La perpétuation de ces rituels associés au serpent au fil des siècles souligne l’ancrage profond de ces croyances. Elle est le reflet d’une vénération et d’une compréhension des cycles de vie, de mort et de renaissance. Il est fait mention dans la culture populaire de personnes cherchant la guérison en invoquant cette force.

Apparemment, elles prononceraient les mots « Ya Moro Sur, Tu esta » (Tu existes, Moro Sur). Cela indique une pratique de vénération ou d’appel à ce pouvoir sacré. Possiblement à travers des rituels ou des pèlerinages sur le site associé à Moro.

Les anciennes populations se tournaient vers des symboles universels de transformation pour trouver guérison et protection. Cette dimension thérapeutique est donc enchâssée dans le cadre rituel et symbolique des sites archéologiques de Tunceli. Elle offre une perspective précieuse sur l’entrelacement de la spiritualité, de la médecine traditionnelle et de la culture antique.

Source : Pamukkale University Journal of Social Sciences Institute

https://www.science-et-vie.com/

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