
Le coeur de Pauline Jaricot, à gauche. Et à droite un carnet avec probablement un registre certifiant le retrait de l'organe © Bourdin et al.
L’analyse du cœur de Pauline Jaricot, décédée en 1862, révèle que la conservation parfaite de l’organe n’est pas due à une action humaine. Pour l’Église, ce serait bien la manifestation d’un
miracle.
C’est un “miracle” qui remonte à 1862 : Pauline Jaricot, Lyonnaise ayant consacré sa vie à la prière et à la charité, décède à 62 ans. Elle laisse derrière elle son cœur. Littéralement, puisque l’organe est conservé dans un reliquaire en or, un contenant en forme de cœur lui-même.
Un cœur étonnamment bien conservé
Là où l’affaire dépasse le cadre de la religion et se met à intéresser les scientifiques, c’est que ce cœur est parfaitement bien conservé, et ce malgré l’absence totale de soin apporté. Alors que la défunte a été déclarée bienheureuse par l’Église catholique le 22 mai 2022, le diocèse de Lyon a demandé une expertise scientifique pour en savoir plus sur cet étrange phénomène.
Des chercheurs ont donc pratiqué une analyse moléculaire pour savoir comment le cœur de Pauline Jaricot a pu rester intact, momifié depuis maintenant 160 ans. Les résultats ont été publiés dans une étude parue dans la revue International Journal of Molecular Sciences le 3 février dernier, et leur verdict est clair : il n’y a aucune trace d’embaumement.
La science valide le miracle
Pour les besoins de leur étude, les chercheurs ont donc passé l’organe au scanner, ce qui leur a confirmé qu’il s’agissait bien d’un cœur humain. Un organe qui n’avait pas connu de pathologie contrairement à ce que suggèrent les archives, évoquant une femme atteinte d’une maladie cardiaque. Pauline Jaricot a-t-elle été victime d’un faux diagnostic, ou s’est-elle soignée par “miracle” ? Le mystère reste, pour l'instant, entier…
Plus étonnant encore, l'analyse bactériologique des scientifiques confirme que le cœur s’est conservé seul, malgré la contamination naturelle des champignons et des bactéries. “Nous n’avons relevé aucun signe d’embaumement de type préparation anatomique de l’organe, ou remplissage avec un matériau exogène”, confient les auteurs au Figaro. Voilà qui pourrait donc, en effet, être considéré comme un véritable miracle aux yeux de l’Église catholique.