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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

23/11/2022 13:42 1119
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Près de Pampelune, en Navarre, une main en bronze datant du Ier siècle avant J.C. révèle quatre mots écrits en vascon, ancêtre du basque actuel.

Le mystère enrobant les origines de la langue basque est-il en voie d’être percé? Lundi 14 novembre, la société scientifique Aranzadi a rendu publique, dans un communiqué, une découverte majeure effectuée le 18 juin 2021, dans la région de Pampelune (capitale de la Navarre), en Espagne. Il s’agit du plus vieux texte en vascon, ou proto-basque, connu à ce jour, inscrit sur une main en bronze datant de plus de 2000 ans.

Après plusieurs campagnes de fouilles archéologiques menées depuis 2007 sous les ruines d’un château du Moyen Âge situé sur la colline d’Irulegi, la découverte de céramiques cassées, d’armes en bronze, de deux maisons et d’une rue datant de l’âge de fer avait fait naître l’hypothèse d’une ville incendiée et rasée par des conquérants au cours de la guerre sertorienne (de -80 à -72 av. J.C.). Événement notoire pour les historiens. Trouver ici-même cette main en bronze datant du Ier siècle av. J.C. l’est tout autant pour l’étude des langues.

Sur cette pièce, qui visiblement était accrochée à la porte d’une maison pour la protéger du malheur, sont inscrits cinq mots en «vascon», idiome parlé par les habitants de la région à cette époque. Le premier seulement, «sorioneku», a pour l’instant été identifié comme étant l’ancêtre du basque actuel «zorioneko» («de bonne fortune, de bon augure»).

Le vascon, ancêtre du basque

«La traduction de ce premier mot est une étape historique de première importance sur le plan linguistique», ont affirmé les scientifiques de la société Aranzadi, ajoutant qu’il s’agit du document le plus ancien et le plus long écrit en langue vascone. Jusqu’à présent, les historiens pensaient que les Basques (dont le nom est dérivé du latin «Vascones», appellation que les Romains donnaient à ce peuple d’Aquitaine et du nord de l’Espagne) utilisaient cette langue pré-indo-européenne mais qu’ils n’étaient pas capables de l’écrire.

 
La main en bronze a été découverte par la société scientifique Aranzadi. HANDOUT/AFP

Javier Velaza, professeur de philologie latine à l’Université de Barcelone, explique: «Le système graphique dans lequel le texte découvert est écrit est particulier. Il est dérivé du système ibérique sans pour autant marquer un son ou un phonème qui existe dans l’écriture ibérique, mais qui en revanche s’observe dans les monnaies frappées sur le territoire basque. Par conséquent, la pièce d’Irulegi montre l’existence d’un système graphique proprement basque en vigueur à cette époque.»

Longtemps transmis par voie orale, le basque, dans ses formes écrites les plus anciennes, n’était pas attesté avant le IVe siècle. En 1570, Jeanne d’Albret, reine de Navarre et mère du roi Henri IV, avait contribué à laisser des traces écrites de cette langue, étant à l’origine de la première traduction basque du Nouveau Testament, ainsi que le rappelle Théodore Muret en 1862, dans Histoire de Jeanne d’Albret. Aujourd’hui, la signification des quatre autres mots inscrits sur la main en bronze («tenekebeekiratere», «oTirtan», «eseakari» et «eraukon») reste à découvrir.

https://www.lefigaro.fr/

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