dimanche, 07/08/2022
  • Tiếng Việt
  • English
  • French

Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

18/04/2022 11:14 273
Rating: 0/5 (0 votes)
A partir du 15 avril 2022, le musée de la Romanité à Nîmes accueille une nouvelle exposition qui met à l'honneur l'une des plus importantes civilisations pré-romaines et pourtant l'une des plus méconnues: les Etrusques.

 

Chez les Etrusques, les banquets occupaient une place cruciale de la vie sociale comme le révèle l'exposition du musée de la Romanité à Nîmes. © Emeline Férard

Grecs, Phéniciens, Romains,... Au fil de l'histoire, les côtes de la Méditerranée ont abrité bien des civilisations mais certaines demeurent plus méconnues que d'autres. C'est le cas des Etrusques. Ce peuple a connu son apogée entre le VIIe et le VIe siècle avant J.-C et occupé une place de premier plan dans le paysage méditerranéen.

Mais qui étaient-ils ? A quoi ressemblait leur société ? Et quelles étaient leurs coutumes et leurs croyances ? C'est ce que propose de découvrir le musée de la Romanité de Nîmes (Occitanie) à travers sa nouvelle exposition, Etrusques, une civilisation de la Méditerranée, qui a ouvert ses portes le 15 avril.

Divisé en cinq sections, le parcours emmène à la rencontre de cette civilisation fascinante et très particulière à travers plus de 140 pièces provenant notamment de musées italiens. Des poteries, armes, bijoux, urnes cinéraires et objets de la vie courante qui dévoilent différents aspects de ces Méditerranéens qui ont perduré jusqu'au Ier siècle avant J.-C.

Bienvenue en Etrurie

Les Etrusques constituent "l'une des principales civilisations pré-romaines", confirme Federica Sacchetti, étruscologue, chercheuse membre de l’UMR 7299-CCJ AMU (Aix-Marseille Université) - CNRS - Ministère de la Culture et l'une des commissaires de l'exposition. Une importance illustrée notamment par l'étendue de leur territoire.

Ils occupaient une vaste partie de la péninsule italienne, désignée sous le nom d'Etrurie. Ceci s'étendait sur la plaine du Pô, la Toscane, le nord du Latium, se prolongeait sur une partie de l'Ombrie et jusqu'en Campanie. Plus tard, ils ont également atteint les côtes ibériques, la Corse et plusieurs centres côtiers de Gaule méridionale.

Ainsi positionné, ce peuple bénéficiait d'une place stratégique pour les échanges commerciaux et culturels à travers la Méditerranée et il en constituait un acteur majeur. "Les Etrusques faisaient preuve d'une grande ouverture vers l'extérieur. Ils entretenaient des échanges constants avec les autres civilisations dont les Grecs et les Phéniciens", explique l'archéologue.

  
Ensemble d'objets en alliage de cuivre remonté d'une épave étrusque datée du VIe siècle avant J.-C.© Emeline Férard

Plusieurs objets sont là pour témoigner de cette ouverture dans l'exposition. Tels que ces poteries en céramique ornées de scènes empruntées à la mythologie grecque ou cet ensemble d'objets en alliage de cuivre remonté d'une épave reposant depuis le VIe siècle avant J.-C au large des côtes du cap d'Agde.

Des banquets et des femmes

Si les Etrusques se sont laissés influencer par les pratiques d'autres civilisations, ils n'ont toutefois pas manqué d'y injecter leur propre identité au fil du temps, comme le révèle la deuxième section de l'exposition consacrée aux aspects de la vie quotidienne. A partir du VIe siècle av. J.-C, la société étrusque n'est plus formée de simples villages mais de véritables agglomérations.

La société se complexifie. L'artisanat de même que les coutumes se développent, et les valeurs sociales gagnent en importance. En témoignent notamment des sépultures de "princes guerriers" au trousseau funéraire particulièrement riche dont on peut contempler certaines pièces - armes, casques ou encore ceintures - dans les vitrines.

Des bijoux, miroirs et autres ornements livrent un autre aperçu remarquable du haut niveau technique atteint par les artisans étrusques. A l'opposé, le parcours s'attarde sur l'importance des banquets et de ce moment appelé symposium durant lesquels les convives mangeaient, buvaient et prenaient part à divers jeux et animations.

"A la différence des Grecs et d'autres civilisations, les femmes étaient autorisées à participer aux banquets" comme à d'autres événements publics aux côtés des hommes, relève Federica Sacchetti. On leur reconnaissait aussi le droit à la propriété, à l'instruction et une existence propre au sein du noyau familial.

En Etrurie, les femmes jouissaient ainsi d'une émancipation considérable, sans égale dans le monde antique. Des possibilités qui leur valaient d'ailleurs d'être qualifiées de débauchées par certains auteurs grecs dénonçant, dans leurs textes, les mœurs dépravées des Etrusques, notamment lors des banquets.

De l'art de décrypter la volonté divine

Passé la fête, place au sacré dans la troisième section de l'exposition. "Les Etrusques sont considérés comme le peuple le plus religieux parce qu'ils croient que le monde entier est géré par les divinités et que tout signe doit donc être bien interprété", expose la spécialiste. Conséquences : les arts divinatoires étaient pris très au sérieux dans cette civilisation.

La foudre, le vol des oiseaux ou les entrailles des animaux étaient ainsi autant d'outils pour tenter de décrypter la volonté divine. En guise d'exemple que l'on peut scruter à travers une animation, figure le foie de Plaisance, une reproduction d'un foie ovin divisée en seize sections dont chacune était associée à une divinité.

 

Sarcophage masculin étrusque retrouvé dans la nécropole de Rosavecchia en Toscane. Daté du IIe siècle avant J.-C. © Emeline Férard

C'est dans l'au-delà que la section suivante plonge les visiteurs en s'intéressant aux pratiques funéraires des Etrusques. Des pratiques qui ont, là encore, évolué au fil du développement de cette civilisation mais ont laissé de nombreuses traces. Comme la fascinante série d'urnes cinéraires et de canopes exposée dans les vitrines ou ce sarcophage masculin trônant au milieu.

Des Etrusques peu à peu romanisés

Enfin, la dernière section met en lumière un sujet crucial : les relations entre les Etrusques et les Romains. Si les deux se sont un temps côtoyés, les seconds ont été à l'origine de la fin des premiers. C'est en effet une romanisation lente et progressive à partir du IVe siècle qui a sonné la fin de la civilisation étrusque.

"Petit à petit, les villes étrusques sont tombées aux mains des Romains", raconte la commissaire. Un processus qui s'est achevé au Ier siècle av. J.-C par une assimilation sociale, politique et territoriale définitive. Après avoir été influencée par les Grecs et d'autres civilisations, ce fut au tour de la culture étrusque d'imprégner les racines de Rome.

Du côté des divinités par exemple, "l'iconographie est très similaire. Il y a une dérivation directe", appuie Carlotta Cianferoni, ancienne directrice du Musée archéologique national de Florence et autre commissaire de l'exposition, devant un fragment du temple de Talamone exposé sous une reconstitution animée du fronton de l'édifice aujourd'hui en ruines.

Pour les Etrusques, cette romanisation a été synonyme de disparition de leur langue. De même que celle de tous les textes qui auraient pu arriver jusqu'à nous pour éclairer les mystères de cette civilisation. C'est aujourd'hui à travers des informations indirectes extraites de textes grecs ou latins que les spécialistes doivent enquêter.

De nombreuses découvertes archéologiques sont heureusement venues alimenter les recherches sur le peuple méditerranéen et l'héritage qu'il a laissé à la Rome antique. Un tableau qui demeure incomplet mais que le musée de la Romanité dresse à merveille pour faire connaissance avec cette grande civilisation disparue.

https://www.geo.fr/

Shares: