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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

15/11/2021 10:06 281
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Cet ensemble de monnaies du début du VIIe siècle découvert dans l'ouest du Norflok devrait permettre d'approfondir la connaissance historique sur les échanges entre l'île britannique et le continent européen, dans l'Antiquité tardive.


Le trésor découvert dans l'ouest du Norflok. Le château de Norwich, qui abrite une importante collection d'antiquités anglo-saxonnes, a manifesté son intérêt pour accueillir prochainement cette centaine de pièces. British Museum

L'impressionnant monceau de pièces d'or date des premiers temps du Moyen Âge. Une centaine de trémissis francs, quelques solidi byzantins à l'effigie de l'empereur Justinien et de ses successeurs, une bractéate ornée d'une patte animale et trois éléments d'une ancienne parure de luxe : le trésor monétaire exhumé dans l'ouest du Norflok, au Royaume-Uni, a de quoi impressionner. Non contents de former l'une des plus copieuses découvertes somptuaires dans l'île britannique, ses 131 pièces aux avers hâlés et aux effigies illustres constitueraient le plus important trésor daté tout particulièrement de l'époque anglo-saxonne. Un titre élogieux pour un pactole archéologique mis au jour par un détectoriste.

L'heureux découvreur, qui a remis de sa propre initiative les inestimables vestiges aux autorités locales, a déclaré avoir déterré l'ensemble des pièces entre 2014 et 2020, dans un champ du district de King's Lynn and West Norfolk. En vertu de la loi britannique, cet archéologue amateur, qui souhaite rester anonyme, devrait être récompensé par l'État pour sa découverte, à la hauteur du prix du marché des objets exhumés. Le trésor, qui devrait prochainement rejoindre les collections du château de Norwich, n'a toutefois pas été sorti de terre par une seule personne. Dix pièces de monnaie, récoltées dans le même champ norfolkais, ont également été exhumées par un second individu. Gardant le secret sur ses trouvailles, l'homme, un policier, a été arrêté en 2017 et condamné à 16 mois d'emprisonnement pour avoir essayé de vendre ses monnaies en or. Une aventureuse échappée illicite qui lui aurait épargné de partager la somme avec le propriétaire du terrain.

 

Une bractéate (une médaille monétaire) et plusieurs solidi (sous d'or) byzantins faisaient partie du trésor de monnaies considéré, aujourd'hui, comme le plus important de l'époque anglo-saxonne. British Museum

Aussi conséquente soit-elle, la valeur sonnante et trébuchante de ce trésor découvert dans l'ouest du Norflok ne rivalise pourtant en rien avec la valeur patrimoniale et historique de ces métaux précieux. Conséquence directe du travail des détectoristes (amateurs qui utilisent leur détecteur de métaux), une part impossible à estimer du contexte archéologique de ces objets a d'ores et déjà disparu. Les coups de pelles amateurs ne valent pas l'outillage professionnel des spécialistes. Comme pour les grossières excavations des siècles passés, seuls les beaux objets ont réchappé au prélèvement. Une accumulation d'or, en l'occurrence.

Les richesses du royaume d'Est-Anglie

Authentifiées par les services spécialisés du British Museum, les 131 pièces de monnaie du trésor ont été datées des environs de l'an 600, d'après un communiqué émis par le musée. La base de données du Portable Antiquities Scheme, qui recense les découvertes réalisées par des particuliers, avance quant à elle une fourchette plutôt située entre 613 et 625. L'ensemble serait ainsi contemporain de l'extraordinaire tombe de Sutton Hoo (Suffolk), le plus connu des sites archéologiques de la période anglo-saxonne, daté des environs de 620-630. Les deux trésors s'enfouissent sous la terre de Grande-Bretagne à peu près à la même époque, aux deux extrémités du royaume d'Est-Anglie sur lequel régnait le roi Rædwald, le défunt présumé de la sépulture de Sutton Hoo. Une proximité historique et géographique qui n'a pas échappé aux archéologues.

«Cette découverte présente une grande importante, a souligné dans un communiqué le conservateur Gareth Williams, en charge des collections numismatiques du haut Moyen Âge au British Museum. Ce trésor date de la même époque que la tombe à bateau de Sutton Hoo dans le Suffolk, et même s'il ne contient pas autant d'or que la fameuse sépulture, il présente beaucoup plus de pièces de monnaie. En le mettant en parallèle avec d'autres récentes découvertes réalisées en Est-Anglie, il devrait contribuer à transformer notre compréhension de l'économie du début de l'Angleterre anglo-saxonne.» À première vue, peu de choses rapprochent, en dehors du monétaire, le trésor royal de Sutton Hoo de la découverte du Norfolk. Pourtant, même si la tombe à bateau inhumée sous un vaste tumulus regorgeait de belles parures et d'armes aristocratiques, dont un magnifique casque de cérémonie, elle conservait aussi en son sein, on l'oublie souvent, une trentaine de pièces de monnaie conservées dans une bourse en cuir. S'y trouvait un groupe homogène de trémissis (un tiers de sous d'or, ou solidus) frappés en Gaule mérovingienne, dans les ateliers d'Arles, Metz ou encore de Bordeaux. Un groupe beaucoup moins composite que le trésor mis au jour dans le Norflolk.

 

En dehors de la centaine de pièces de monnaie et de la bractéate, le trésor était aussi composé d'un lingot d'or et de deux fragments de parures. La valeur de l'ensemble devait se jauger à son poids, plutôt qu'à sa simple valeur numéraire. British Museum

Par contraste, d'après les précisions du Portable Antiquities Scheme, plusieurs des monnaies exhumées par le détectoriste, les sous d'or byzantins, ont été frappées à Constantinople. Les trémissis provenaient pour leur part de diverses régions de l'aire mérovingienne, de Marseille à Zurich, en passant par Alésia. Comme à Sutton Hoo, l'absence de pièces locales n'est en rien étonnante, puisque les royaumes anglo-saxons commençaient tout juste à battre leur propre monnaie en ce début de VIIe siècle.

De nombreuses pièces de monnaie paraissent cependant être quasi-contemporaines de l'enfouissement du trésor, avec des effigies de l'empereur Maurice, mort en 602. Une aubaine pour les historiens, qui pourront travailler sur ces nouveaux vestiges pour mettre davantage en lumière les relations commerciales complexes qui unissaient l'île et le continent. Des informations qui ne seront pas de trop pour une période si mal documentée de l'histoire anglo-saxonne - entre la fin de l'occupation romaine, au début du Ve siècle et le début de l'ère viking, à la fin du VIIIe siècle - longtemps désignée sous l'appellation désormais désuète d'«Âges obscurs».

Quant à savoir pourquoi ce trésor a été enfoui en rase campagne, dans l'ouest du royaume d'Est-Anglie, l'enquête risque de patiner à jamais, faute d'avoir pu organiser un chantier de fouille au lieu-dit. Ne demeurent plus que des hypothèses éclairées. «Puisqu'il a été découvert non loin d'un cimetière anglo-saxon, le trésor pourrait avoir été inhumé dans un tumulus, avant d'être petit à petit dispersé, au fil de plusieurs siècles de labourage», a ainsi proposé à la BBC le numismate norfolkais Adrian Marsden. Le même mystère entourait déjà le précédent ensemble monétaire considéré, jusqu'à la découverte de celui du Norfolk, comme le plus important de l'époque anglo-saxonne. Mis en terre vers 640 puis exhumé en 1828, le trésor de Crondall (Hampshire), se composait de 101 pièces, frappées dans le monde franc, en Frise, à Constantinople et, déjà, en Angleterre.

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