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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

22/08/2008 10:00 1264
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En parlant de la pagode Dâu, personne d’entre nous n’ignore que c’est une pagode célèbre de Hà Tây, lieu abritant les deux reliques à corps entier des deux bonzes Vu Khac Minh et Vu Khac Truong, lieu surnommé premier paysage célèbre du Vietnam. La pagode est située sur une colline au milieu du champ du village Gia Phuc (commune de Nguyên Trai, district de Thuong Tin), couvert d’arbres luxuriants et entouré de lacs avec la rivière Nhuê coulant derrière, créant un paysage vraiment pittoresque.


La pagode a un nom en sino-vietnamien de Thành Dao ou Phap Vu, mais son nom populaire est Chua Vua, Chua Bà ou Chua Dâu. La tradition veut que la pagode soit construite du temps de Si Nhiêp, au début de l’ère chrétienne, du temps de Man Nuong et de Phât Tu Phap.

A travers des périodes historiques, la pagode bénéficie continuellement de l’attention des dynasties féodales du Vietnam, et a été réparée et embellie plusieurs fois. La stèle érigée en l’année Duong Hoà 5e du roi Lê Thân Tông (1639) et conservée dans la pagode nous fait connaître que la pagode Dâu a été construite sous les Ly, réparée et élargie sous les Trân, Lê et Mac. Ces réparations et restaurations ont laissé des traces et des vestiges dans l’architecture de la pagode.

Après avoir passé par la porte d’entrée Tam Quan et la cour dallée, nous rencontrons un couple de dragons des deux côtés des marches du vérandha du vestibule. Les dragons sont robustes, au corps rond, aux multiples ondulations, à la grosse tête, la bouche gardant une perle, les pieds antérieurs soutenant le menton, la crête lissée vers le haut avec des décorations en forme de flammes, les cornes tournées en arrière formant un cadre carré sur la tête. Des chercheurs, en voyant ces dragons, ne tarissent pas d’éloges, disant que c’est un chef-d’oeuvre des artistes des Trân. C’est pourquoi, le Musée d’Histoire du Vietnam en a fait des copies pour les exposer dans la cour du Musée. La pagode conserve encore plusieurs stèles anciennes, des briques décorées de dragons, carpes transformées en dragon, lotus,,, portant les caractéristiques de l’art des Mac. Nous ne savons quelle est l’envergure de la pagode à cette époque, mais la propriété de près 100 mâu de rizières de la pagode notée sur la stèle érigée en l’année Sung Khang 4e de Mac Mâu Hop (1569) suffit pour nous donner une idée de cette envergure.


Sous les Lê-Trinh, la pagode est encore une fois élargie, sous la présidence de Ngô Thi Ngoc Nguyên, femme de Thanh Dô Vuong Trinh Trang. On lit sur la stèle de l’année Duong Hoa 5e (1639) :” au 10e mois de Binh Ti (1636), elle prend dans le trésor du palais et dans son propre trésor l’argent pour construire les deux palais Tiên Duong et Thiêu Huong, et réparer les endroits endommagés. Deux ans après, les travaux sont achevés, produisant un somptueux palais”. C’est probablement la réparation la plus onéreuse. Il en reste des détails de sculpture extrêmement délicats jusqu’à maintenant. La pagode Dâu est devenue un lieu de culte, de pratique religieuse et d’appel à la pluie pour la noblesse des Lê-Trinh, d’où est née probablement la dénomination de Chua Vua (pagode royale). Les annales ont noté qu’en temps de sécheresse, la cour a transféré la statue de Phap Vu de la pagode Dâu au palais du Seigneur pour célébrer une cérémonie d’imploration à la pluie et a généralement obtenu de bons résultats.

Par la suite, la pagode est encore réparée et embellie sous les dynasties Canh Hung, Tây Son, Nguyên… En général, le plan actuel de la pagode est le plan du temps des Lê-Nguyên, avec la disposition “la lettre Công à l’intérieur, la lettre Quôc à l’extérieur”, avec la face tournée au Sud-Est. A l’extérieur est la porte Tam Quan qui est en même temps le clocher. Après c’est la cour dallée flanquée des deux batiments Giai Vu. Puis vient le palais Tiên Duong, qui communique avec le palais Hâu Duong (maison des Vieux bonzes) par deux verandhas, formant un cadre carré, entourant la partie centrale de la pagode. La partie centrale est composée de trois bâtiments formant la lettre Công, à l’avant est le palais principal, à l’arrière est le palais postérieur, lieu où est posée la statue de Phap Vu. Un couloir relie les deux palais, et est le lieu d’exposition d’un système de statues de Bouddha, nommé Thiêu Huong. En 1947, toute la partie centrale de la pagode a été brûlée par les Français, et il n’en reste que la fondation et la plateforme de pierre du milieu du palais principal. La plateforme est en calcaire grise blanche, décorée tout autour de dragons, de selles de chevaux et de fleurs portant le style artistique des Lê-Mac.


En 1950, pour satisfaire aux besoins religieux, le pouvoir et la population locale ont fait refondre la statue de Phap Vu. La statue est en bronze, en position assise, les jambes croisées, de 45cm de haut. Comme protection extérieure de la statue et de la plateforme est le Long Dinh construit en briques et en ciment. En 1986, le pouvoir et la population locale ont fait construire provisoirement sur le sol ancien une construction en forme de tube reliant le Long Dinh au milieu du sol du palais principal. Cette construction fut baptisée par la population le Tam Bao ou palais supérieur. A l’intérieur de la construction, est disposé le système de statues comportant deux classes: tout en haut est la classe des statues Tam Thê, puis vient les statues Cuu Long avec le bébé Bouddha, flanqué des deux côtés de fleurs de lotus, tout au fond est la statue de Phap Vu. Récemment, on a transféré les statues Cuu Long dans la maison des vieux bonzes, remplaçant par une statue en bois de Quan Am aux mille mains et mille yeux.

En dehors de la partie centrale, la pagode contient encore d’autres constructions comme la pagode Am (antérieurement lieu de culte de la population), l’autel de la Sainte Mère, l’autel des deux bonzes Vu Khac Minh et Vu Khac Truong, la maison des bonzes…

Ainsi on peut affirmer que la pagode Dâu est un vestige architectural, religieux et culturel ayant une longue histoire et qui a traversé plusieurs péripéties et transformations. Le sol et les vestiges de la pagode renferment en leur sein des messages du temps. La reconnaissance par le Ministère de Culture et d’Information de la pagode comme Vestige de classe nationale en 1968, est une action juste, reconnaissant la vraie valeur de la pagode. C’est vraiment un précieux vestige culturel national.

Malheureusement, la partie centrale de la pagode comportant les trois palais Chinh Diên, Thiêu Huong et Thuong Diên ont été détruits, ne laissant que des traces des fondations et la maison provisoire construite en 1986 pour servir de lieu de culte du Bouddha. C’est vraiment indigne de la taille d’une pagode ayant une longue histoire et de classe nationale comme la pagode Dâu. C’est pourquoi, le programme de réparation et de restauration de la partie centrale est extrêmement nécessaire pour sauvegarder et rehausser la valeur de ce Vestige culturel national. Dans ce travail, la fouille archéologique doit être le premier pas, visant à rassembler les informations scientifiques nécessaires pour la conduite de la restauration. Il est certain que le sol de la pagode Dâu nous livrera des traces importantes pour mieux connaître les valeurs inhérentes de la pagode.

Nguyen Ngoc Chat

 

(Source: Le Musée national d'Histoire du Vietnam)

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