Dans les années 90, Shanghaï était la ville de Chine possédant le plus de collections privées d'art populaire. Moins de 20 ans plus tard, il est devenu difficile de trouver des musées privés encore ouverts. Zhu Li An nous en explique les raisons.
Le Musée Chen Baoding était auparavant très connu mais comme beaucoup d'autres, il a mis la clé sous la porte depuis longtemps. Dans un coin de la cour, on trouve encore un vieux boulier couvert de poussière. Les voisins se souviennent qu'il y a eu de longues périodes durant lesquelles aucun visiteur ne venait car le musée se trouvait dans un hôpital.
La route de Duolun à Shanghaï était autrefois connue pour abriter plusieurs musées privés très fréquentés. A présent, seuls deux d'entre eux existent toujours. Le musée des baguettes chinoises en fait partie. Le conservateur, collectionneur au ressources limitées a été obligé de louer une partie de son musée pour faire perdurer son activité.
Lan Xiang, conservateur du musée des baguettes chinoises de Shanghaï
"Pour être franc, je ne souhaite pas louer le musée. Mais sans cet apport financier, je ne pourrais pas le garder."
Lan Xiang précise qu'avec un budget serré comme le sien, sa collection de plus de 2 000 baguettes n'a pas été nettoyée convenablement depuis plusieurs années.
Ailleurs, l'histoire est la même. Trouver des fonds est devenu le principal défi des musées privés d'art populaire. Afin de rester ouvert, plusieurs conservateurs ont mis en place des coopérations avec des agences de tourisme et déplacent leurs locaux dans les vieux quartiers de Shanghaï. D'autres ont dû se résigner à se séparer de leur collection.
Liu Guoding, un conservateur voisin de Lan Xiang, possède une collection d'horloge de Nanjing.Il aimerait conserver ses plus beaux modèles et vendre les autres afin que son musée ne périclite pas.
Les experts du secteur ont suggéré au gouvernement de créer des lois pour soutenir les conservateurs et encourager l'industrie culturelle à investir dans les musées. Cela pourrait également favoriser l'affluence de visiteurs dans la ville. Mais l'idée principale est de garder ce patrimoine privé vivant et accessible afin qu'il ne disparaisse pas.