Cinq ans de travaux, technologie laser, une vingtaine d'experts: les Musées du Vatican (Italie) ont présenté mercredi un vaste projet de restauration de la Loggia de Raphaël.
Cinq ans de travaux, technologie laser, une vingtaine d’experts : les Musées du Vatican (Italie) ont présenté mercredi un vaste projet de restauration de la Loggia de Raphaël. (©Wikimedia commons)
Cinq ans de travaux, technologie laser, une vingtaine d’experts: les Musées du Vatican (Italie) ont présenté mercredi un vaste projet de restauration de la Loggia de Raphaël, chef-d’œuvre de la Renaissance situé au cœur du palais apostolique.
Ce chantier d’envergure, qui ambitionne de redonner leur éclat aux fresques et stucs du maître de la Renaissance, s’appuiera notamment sur un nettoyage « à sec » au laser pour ne pas altérer les œuvres de l’aile ouest de la loggia, située au deuxième étage du palais.
Longue de 65 mètres et large de 4 mètres, celle-ci fut conçue par Raphaël et décorée entre 1517 et 1519 par son atelier pour le pape Léon X de Médicis (1513-1521). Elle est divisée en treize travées, chacune décorée de quatre épisodes bibliques sur les voûtes. Fermé au public, ce couloir voit passer les visiteurs du pape – chefs d’État, ambassadeurs, hauts prélats – au cœur de la Secrétairerie d’État, l’organe central du gouvernement du Saint-Siège. Sa dernière restauration, partielle, remontait à une cinquantaine d’années.
Un nettoyage indispensable
Selon les diagnostics scientifiques, les fresques et les délicats reliefs en stuc souffrent d’un encrassement profond: les couches successives de colles animales, de cires et de fixatifs appliquées au cours des siècles passés ont jauni, emprisonnant la saleté et masquant les teintes pastel d’origine de l’œuvre.
« L’examen de la surface a révélé la nécessité d’adopter une méthode de nettoyage » à sec « afin de préserver les couches originales délicates et leurs traces subsistantes fragiles, très sensibles à l’action de procédures chimiques », explique Paolo Violini, restaurateur en chef.
La technologie laser était « la seule possibilité pour avoir ce degré de précision dans le nettoyage, laissant les surfaces sèches », a-t-il souligné mercredi lors d’une conférence de presse. Selon la directrice des Musées du Vatican, Barbara Jatta, cette intervention constitue « un moment décisif tant pour l’histoire de la restauration que pour celle de l’art de la Renaissance italienne ».
Le chantier, qui a débuté mi-avril, doit durer environ cinq ans. Au total, plus de vingt restaurateurs des Musées du Vatican interviendront sur environ 1 300 m² de surfaces décorées.
La restauration est financée à hauteur de 5,5 millions de dollars par des donateurs internationaux, dont le World Monuments Fund (WMF), ONG internationale qui a pour but d’aider à la conservation du patrimoine mondial d’exception.