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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

29/05/2026 15:43 444
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Dans une récente étude, des chercheurs se sont penchés sur une importante chute démographique survenue en Chine il y a plus de 3 000 ans. En croisant l’analyse d'os oraculaires, des données archéologiques et des modélisations climatiques, ils ont découvert qu'elle serait probablement liée à des phénomènes météorologiques extrêmes.

 

Les dernières années de la dynastie Shang en Chine, qui régna sur la vallée du fleuve Jaune de 1600 à 1046 avant J.-C., ont été marquées par une chute brutale de la population. Dans une étude récemment publiée dans la revue Science Advances, des chercheurs se sont penchés sur les causes de ce déclin démographique. En combinant l'analyse d’os oraculaires, des données archéologiques et des modélisations paléoclimatiques, ils ont découvert qu'il serait probablement lié à une recrudescence meurtrière de typhons et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes.

Ces tempêtes côtières auraient provoqué des catastrophes majeures, notamment de vastes inondations, touchant les plaines centrales de Chine. La dynastie Shang est par ailleurs connue pour avoir livré les plus anciennes traces d'écriture chinoise, sous la forme de textes divinatoires gravés sur des "os oraculaires", fabriqués à partir de carapaces de tortues et d’os d'épaules de bovins. Les fouilles de sa capitale, située dans l'actuelle ville d’Anyang, ont également mis au jour des dizaines de milliers d'objets en bronze, en céramique et en jade, témoignant de la richesse et de la puissance de cette civilisation avant son renversement par le peuple Zhou.

Les os oraculaires témoignent d’une forte inquiétude face aux épisodes de pluies extrêmes

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont analysé des écrits abordant les conditions météorologiques présentes sur plus de 55 000 fragments d'os oraculaires datant de 1250 à 1046 avant J.-C. Ils ont ainsi constaté une proportion plus importante de divinations liées aux fortes pluies et aux catastrophes hydriques au milieu de cette période. C'est pourquoi cela suggère selon eux, "une préoccupation croissante de la société Shang face aux épisodes de pluies extrêmes dans les plaines centrales".

Ils ont ensuite croisé ces résultats avec des données archéologiques issues des couches inondables de la plaine de Chengdu, au sud-ouest des plaines centrales. En parallèle, des vestiges de bâtiments endommagés par des inondations datant d’environ 950 av. J.-C., ainsi que des digues détruites par des crues vers 500 av. J.-C. ont également été mis au jour. Par ailleurs, le nombre de sites archéologiques dans cette région a diminué, tandis que leur répartition s'est concentrée dans des zones plus élevées, suggérant une possible migration des populations vers des terres moins exposées.

La modélisation paléoclimatique des chercheurs a quant a elle montré que les typhons venant du nord et les phénomènes météorologiques associés se sont intensifiés entre 1850 et 1350 av. J.-C., affectant le Shang dans les plaines centrales, et que l'activité des typhons venant de l'ouest s'est intensifiée entre 850 et 500 av. J.-C., affectant le Shu dans la plaine de Chengdu.

L'intensité de l'activité cyclonique à l'origine de ce déclin démographique

"Ce qui a particulièrement marqué les esprits, c'est l'intensification de l'activité cyclonique", explique l'équipe de chercheurs. Selon eux, ce phénomène pourrait avoir provoqué d'importantes inondations à l'intérieur des terres et entraîné un déclin démographique ainsi que des bouleversements sociaux dans les plaines centrales et la plaine de Chengdu. "L'intensification de l'activité cyclonique a eu des conséquences désastreuses et inattendues dans l'intérieur de la Chine durant l'âge du bronze", ont-ils conclu.

https://www.geo.fr

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