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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

15/10/2025 15:06 699
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Vieux d'environ 13 000 ans, le pigment bleu découvert sur un artefact en pierre en Allemagne remet en question la croyance selon laquelle les artistes du Paléolithique n'utilisaient que du rouge ou du noir. © Wisher et al. 2025/Aarhus University

En Allemagne, sur le site de Mühlheim-Dietesheim, la plus ancienne trace de pigment bleu jamais répertoriée en Europe a été identifiée par une équipe de chercheurs. Cette découverte change notre perception de la palette des couleurs de l’art paléolithique.

Découvert à la fin des années 1970 sur le site de Mühlheim-Dietesheim, en Allemagne, un bloc de grès vieux de près de 13000 ans révèle aujourd’hui un secret inattendu : la présence de traces d’azurite sur sa surface concave. Désormais conservé au musée municipal de Mülheim, cet artéfact paléolithique a récemment fait l’objet d’une réévaluation en 2023 par une équipe de chercheurs de l’Université d’Aarhus (Danemark), dirigée par l’archéologue Izzy Wisher, qui a identifié ce rare pigment bleu, presque jamais observé dans l’art préhistorique.

Une nouvelle campagne de recherche

Présentée par le musée comme une lampe à l’huile, la pierre se distingue par sa forme de petit bol, dont seule l’une des faces porte de fines traces bleutées d’abord identifiées comme des taches d’encre. Mais l’équipe a ensuite procédé à différentes analyses archéométriques, sous fluorescence X et spectroscopie infrarouge, pour en déterminer la composition élémentaire. Les résultats démontrent la présence d’azurite, un minéral d’un bleu dense, jusqu’alors jamais détecté dans le contexte de l’art paléolithique européen, qui fait de ce vestige le premier et le plus ancien témoin archéologique d’Europe connu à ce jour portant les traces de pigment bleu.

 
 

Carte montrant l’emplacement du site de Mühlheim-Dietesheim et des gisements d’azurite de la région © Wisher et al. 2025/Aarhus University

Un bleu inédit dans la palette paléolithique

L’étude publiée dans la revue scientifique « ​​​​​Antiquity », ouvre de nouvelles perspectives sur l’usage des pigments par les populations au Paléolithique. Jusqu’ici, les vestiges retrouvés démontraient d’une prédilection pour le noir, issu du dioxyde de manganèse ou de charbon de bois, l’ocre et le rouge, obtenus à partir d’argile ou d’oxyde de fer. En revanche, les teintes bleues et vertes restent quasiment absentes de l’art paléolithique.

 
 

Image rapprochée des résidus de pigment bleu sur la Zone A de la pierre paléolithique © Wisher et al. 2025/Aarhus University

Quelle raison à cela? Les chercheurs écartent l’hypothèse d’un manque de savoir-faire technique, les procédés de fabrication du pigment rouge prouvant au contraire une réelle maîtrise des matériaux. La rareté du minéral ne semble pas non plus en cause, puisqu’un gisement d’azurite a été identifié à une vingtaine de kilomètres du site, proche de la rivière du Main. Mais alors, comment expliquer la faible quantité de traces de pigment bleu qui nous est parvenu ?

Des exemples similaires

Quelques découvertes isolées permettent une meilleure compréhension de l’usage singulier du pigment bleu. Pour la période Paléolithique, les figurines anthropomorphes découvertes sur le Mal’ta, en Sibérie (vers 19 000- 23 000 avant J.-C.), demeurent les seuls exemples directs connus, avec la présence de traces de décorations bleues sur leurs têtes et membres. Une découverte similaire dans l’archipel des  îles Égéennes, datant de l’âge de Bronze, reprend  cette pratique d’utilisation du pigment sur des figurines de marbre grecques (Cycladique ancien, vers 3200-2000 avant J.-C.) dont les cheveux et les yeux étaient peints. Le site néolithique de Çatal Höyük (vers 7100-5950 avant J.-C.), en Anatolie (Turquie) a révélé lui aussi de fragments d’azurite retrouvés dans des tombes féminines, ainsi que dans des petits contenants en bois. Tout porte à croire que le minéral était utilisé à des fins cosmétiques ou funéraires.

Des usages éphémères disparus des traces matérielles

La forme du bloc de grès, associée à la présence de pigments, indique que ce dernier a pu être utilisé comme récipient pour broyer les minéraux. Cette hypothèse laisse penser que le bleu, longtemps considéré comme absent de la palette paléolithique, occupait possiblement une place plus importante dans son art.

 
 

Le bloc de grès aurait servi de récipient pour broyer les pigments et les transformer en peinture © Wisher et al. 2025/Aarhus University

“Nous suggérons que ce pigment bleu était utilisé pour des activités invisibles dans les vestiges archéologiques », explique Izzy Wisher. Selon la chercheuse, ce pigment n’était sans doute pas destiné aux décorations des parois ou des objets, mais employé au contraire dans des pratiques plus éphémères qui n’ont pas laissé de vestiges matériels, telles que la peinture corporelle ou la teinture de textiles.

https://www.connaissancedesarts.com/

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