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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

31/10/2024 14:33 1185
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La plus ancienne carte du monde, gravée sur une tablette d’argile babylonienne vieille de près de 3 000 ans, a enfin révélé ses secrets. Découverte en 1882 à Sippar, en Irak, et conservée au British Museum, la tablette appelée Imago Mundi offre une vue fascinante sur les croyances géographiques et mythologiques des Babyloniens. Ce précieux artefact fournit un aperçu inestimable de la façon dont cette civilisation voyait le monde et ce qui se trouvait au-delà de ses frontières connues.

 
 

Les recherches archéologiques récentes menées par le British Museum ont permis de déchiffrer l’Imago Mundi, une tablette d'argile babylonienne datant de près de 3 000 ans. Découverte en 1882 à Sippar, en Irak, par l'archéologue Hormuzd Rassam, cette carte est aujourd'hui considérée comme la plus ancienne représentation du monde connue. Sa signification restait énigmatique jusqu'à ce que des experts en écriture cunéiforme, dont le Dr. Irving Finkel, parviennent à en interpréter les inscriptions, révélées dans une vidéo du Museum, après avoir trouvé une partie manquant.

Cette carte révèle non seulement la manière dont les Babyloniens percevaient leur territoire, mais aussi leur compréhension du monde au-delà de leurs frontières. Elle offre une perspective inédite sur la géographie, la mythologie et les croyances religieuses de cette civilisation, mêlant descriptions topographiques et récits mythologiques, et reflétant ainsi leur conception du cosmos et de ses limites.

Une carte à la représentation circulaire du monde babylonien

La carte « Imago Mundi » fut élaborée entre le 7e et le 6e siècle avant J.-C. Elle constitue l’une des plus anciennes représentations géographiques connues. Gravée sur une tablette d'argile, elle offre une vue schématique du monde tel que le concevaient les Babyloniens. Cette vision du monde se voit marquée par sa simplicité circulaire. Au centre de la carte se trouve la Mésopotamie, littéralement « la terre entre les rivières ». Cela correspond aujourd’hui à l’Irak moderne. Babylone, la ville emblématique de cette civilisation, occupe une position centrale sur la carte, traversée par le fleuve Euphrate. La représentation de cette région se retrouve entourée d'une double bande circulaire, désignée comme la « rivière amère » ou « Bitter River ». Il s’agit d’une frontière naturelle et symbolique qui délimitait le monde connu des Babyloniens. Elle les séparait de terres inconnues et mystérieuses au-delà.

D’après le Dr. Irving Finkel, spécialiste du cunéiforme au British Museum, cette bordure circulaire reflétait la conception géographique des Babyloniens, explique-t-il dans une vidéo du Muséum. Outre Babylone, la carte inclut des inscriptions désignant d'autres régions et villes importantes de l'époque, telles qu’Assyrie, Der et Urartu. Cela montre ainsi les connaissances géographiques étendues des Babyloniens. Aux extrémités de la carte, des symboles triangulaires représentent des montagnes, souvent perçues par certains chercheurs comme des îles. Ils signalent des zones situées aux confins de leur monde connu. Cette représentation témoigne de la manière dont les Babyloniens combinaient leurs connaissances géographiques avec des éléments mythologiques. Ils donnaient ainsi une signification spirituelle et symbolique à leur environnement.

Des croyances au-delà des frontières physiques

La carte « Imago Mundi » dépasse largement une simple représentation géographique. Elle intègre des éléments mythologiques et religieux qui offrent donc un aperçu profond de la cosmologie babylonienne. Les inscriptions en cunéiforme, gravées sur le verso de la tablette, décrivent la création du monde orchestrée par Marduk. Il correspond au dieu suprême de Babylone. Marduk était perçu comme le maître de la création et le garant de l’ordre cosmique. Un rôle central dans la mythologie babylonienne. À travers ces textes, les Babyloniens cherchaient à expliquer l'origine de l'univers, en attribuant la naissance du monde à des forces divines. Ils tentaient de relier leur environnement terrestre à des croyances religieuses fondamentales. Cette perspective renforce l’idée que pour eux, géographie et cosmologie se trouvaient indissociables. Chaque élément de la carte avait une signification symbolique au-delà de sa simple localisation physique.

Selon le Dr. Irving Finkel, expert au British Museum, la tablette fait également référence à des créatures mythologiques comme le scorpion-homme. On y trouve également Anzu, un oiseau à tête de lion. Elles forment des figures emblématiques du folklore babylonien. Ces êtres ne se contentaient pas de peupler des récits légendaires. « Ces figures symbolisaient des forces mystérieuses et des régions inexplorées, souvent associées à la magie et à des récits légendaires », précise Dr. Finkel. Les Babyloniens associaient ces créatures aux territoires situés au-delà des frontières physiques de leur monde, révélant une vision du cosmos où le tangible et le surnaturel coexistaient. En inscrivant ces mythes sur la carte, les Babyloniens exprimaient une conception du monde où les éléments géographiques connus se mêlaient aux royaumes du mystère et de la mythologie, créant ainsi une représentation à la fois géographique et cosmologique.

Une histoire commune à d'autres mythologies

Enfin, la tablette « Imago Mundi » évoque le mythe du déluge. Ceci rappelle forcément l'histoire de Noé dans la Bible. Selon les inscriptions, le héros babylonien Utnapishtim se voit choisi par les dieux pour survivre à une inondation dévastatrice. Obéissant à leurs ordres, il construit une arche massive pour sauver sa famille et des espèces animales. Ce récit préfigure étonnamment celui du récit biblique de l'Arche de Noé. Cette similitude entre les deux histoires, séparées par des cultures et des époques différentes, suggère une possible origine commune des mythes du déluge dans la région mésopotamienne.

Ces récits de catastrophes aquatiques s’ancraient dans la tradition orale et religieuse. « Cela démontre à quel point les récits bibliques et babyloniens sont imbriqués, et suggère que ces mythes ont peut-être une origine commune », appuie Dr. Irving Finkel. Il souligne également l'interconnexion culturelle et mythologique des peuples anciens de la région.

Une carte de l'au-delà fantastique

Outre les références mythologiques connues, la tablette décrit également des territoires situés « au-delà de la rivière amère », comme mentionné précédemment. Pour les Babyloniens, ces régions inaccessibles représentaient des domaines appartenant à un autre ordre du monde. Les lois naturelles cédaient la place à des phénomènes magiques. Les récits légendaires de créatures fantastiques et de royaumes enchanteurs s’y déployaient.

D’ailleurs, le British Museum a rapporté que le texte sur la tablette semble être une description des habitants divins, humains, animaux ou monstrueux, des régions situées au-delà de la terre, que ce soit les huit régions ou la rivière Amère ou peut-être le monde souterrain ou les eaux souterraines.

Le Dr Finkel a résumé les découvertes comme « une démonstration triomphale de ce qui se passe lorsque vous avez un fragment très petit, totalement inutile d'un texte ennuyeux que personne ne peut comprendre et que vous le joignez à quelque chose de beaucoup plus grand dans la collection et qu'une toute nouvelle aventure commence à nouveau ! »

https://www.science-et-vie.com/

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