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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

23/04/2024 15:34 343
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De rares codex aztèques, constitués de bandes de papier d'agave pliées en accordéon sur lesquelles sont peints des glyphes et des images rouge, jaune ocre, noir et bleu, viennent d'être acquis et formellement authentifiés par les autorités mexicaines. Datés des XVIe et XVIIe siècles, ils offrent de précieux renseignements historiques sur la région qu'est aujourd'hui Mexico.

 

Les trois documents pictographiques connus sous le nom de Codex de San Andrés Tetepilco regorgent de détails sur l'histoire captivante des Aztèques, couvrant leurs conquêtes, leur chute face aux colons espagnols et même la fondation de leur capitale, Tenochtitlán. Pendant longtemps, ces précieux manuscrits n'ont pourtant pas été accessibles aux historiens, conservés par une famille privée de Mexico, qui se les transmettait de génération en génération.

Après des années de recherche et de négociations, ils ont enfin été acquis par le gouvernement mexicain pour près de 400 000 euros (9,5 millions de pesos), a annoncé le 21 mars 2024 l'Institut national d'anthropologie et d'histoire (INAH) du Mexique, qui les a identifiés.

Cette acquisition est qualifiée de jalon comparable à l'authentification, il y a six ans, du Codex maya de Mexico (anciennement connu sous le nom de Codex Grolier), daté entre 1021 et 1154 de notre ère- et considéré comme le plus ancien manuscrit préhispanique lisible du continent américain.

La fondation de deux cités aztèques en images

Entre les XVe et XVIe siècles, les Aztèques régnaient sur une grande partie du Mexique depuis leur capitale Tenochtitlán, l'actuelle Mexico. Le premier codex, considéré comme le plus significatif, retrace son histoire à travers quatre thèmes principaux, détaillés par María Castañeda de la Paz, historienne de l'Institut de recherche anthropologique de l'Université nationale autonome du pays, lors d'une conférence de presse couverte par le journal El País : "La fondation de la ville au XIVe siècle ; les registres des tlatoque [en nahuatl, "ceux qui commandent"] préhispaniques ; l'arrivée des conquistadors espagnols en 1519 ; et la période vice-royale jusqu'en 1611".

Composé de vingt feuilles plissées et surnommé La Tira de Tetepilco, le document mentionne entre autres la réunion entre 1427 et 1440 du tlatoani ("dirigeant") Itzcóatl avec le tlacatecatl ("chef de son armée") Moctezuma Ilhuicamina, qui a réussi à conquérir Tetepilco.

Le seigneur de la cité et sa cour semblent lui rendre hommage dans des peintures de tradition indigène, inscrites à partir de plâtre, laque de cochenille, encres obtenues à partir de plantes et de charbon de bois, et de l'indigo. Mais les manuscrits renferment également des textes en nahuatl ou en espagnol, écrits avec l'alphabet européen, si bien que les chercheurs parlent de "codex mixtes".

Finalement, La Tira de Tetepilco couvre la même période (1064-1607) que le Codex Boturini (La Tira de la Peregrinación) et le Codex d'Aubin, deux documents historiques majeurs de la période précolombienne de l'histoire du Mexique. Le premier raconte notamment la migration légendaire des Aztèques depuis leur lieu d'origine mythique, Aztlán, jusqu'à la fondation de Tenochtitlán. Le deuxième traite quant à lui davantage des divers aspects de la culture aztèque (chronologie des règnes des différents souverains, rituels, tributs, guerres et alliances, etc.)

Un des autres codex nouvellement acquis décrit en outre la fondation, au sud-est de Mexico, (actuel quartier résidentiel d'Iztacalco) de la fameuse cité de San Andrés Tetepilco, dont la carte "contient des informations historico-géographiques, y compris des enregistrements, correspondant à des emplacements réels, des toponymes de Culhuacan, Tetepilco, Tepanohuayan, Cohuatlinchan, Xaltocan et Azcapotzalco", note l'INAH. Le troisième codex, inscrit sur deux feuilles d'amate (papier d'écorce) collées, répertorie les biens de l'un de ses anciens édifices religieux : cinq costumes rouges de prêtre, des instruments à vent, une chaise à porteur, des étendards et des images religieuses.

Une collection de 200 précieux documents mésoaméricains

Le premier manuscrit détaille également l'arrivée et la domination des Espagnols à partir de 1519. Pour autant, les peuples autochtones du Mexique ont continué à dessiner ces fascinantes iconographies, tout en y incorporant des techniques influencées par la culture européenne, comme la troisième dimension, le modelé et la perspective. Des commentaires ont également été ajoutés en nahuatl indigène et en espagnol, en alphabet latin – d'où le terme de "codex mixte".

À la fin du XVIe siècle/début du XVIIe siècle, ces enregistrements papiers ont arrêté d'être produits. Beaucoup de ceux existants ont fini entre des mains privées en Europe et aux États-Unis. En vertu de la loi mexicaine, les biens historiques de la période vice-royale – quand le territoire mexicain était gouverné par des vice-rois, représentants du roi d'Espagne – peuvent être détenus en propriété privée ou hérités, à condition toutefois qu'ils restent sur le sol du Mexique.

Ce fut le cas pour les trois codex ici mentionnés, qui rejoignent désormais la Bibliothèque nationale d'anthropologie et d'histoire (BNAH). Ils y seront soumis à des recherches supplémentaires et à des processus de conservation, avant d'être stockés dans sa précieuse collection de codex.

Plus de 200 documents mésoaméricains – sur environ 550 reconnus dans le monde, selon l'INAH – y sont déjà préservés, et font partie du registre international "Mémoire du monde" de l'UNESCO"Nous avons la moitié de tous les codex jamais créés, et il est remarquable que des siècles plus tard, nous découvrions encore de nouveaux matériaux qui enrichissent notre patrimoine national et nos connaissances historiques", s'enthousiasme l'historien Rafael Tena, interrogé par nos confrères.

https://www.geo.fr/

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