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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

04/04/2024 12:25 212
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Loire Sentinelle : "la contamination plastique de la Loire est généralisée, en termes de concentration elle est identique à la Seine"

Une équipe de scientifiques des universités britanniques d'York et de Hull a découvert des particules de plastique dans des échantillons datant d'une période située entre le premier siècle et le début du deuxième. Ces prélèvements archéologiques avaient été effectués à la fin des années 1980 (Science of the Total Environment).

Quel est le meilleur moyen de préserver des vestiges archéologiques ? "Laissez-les in situ (en place) lorsque c'est possible", vous répondra invariablement la dernière génération de spécialistes du domaine. Mais la découverte réalisée par des chercheurs des universités britanniques d'York et de Hull et de l'ONG York Archeology (Science of the Total Environment, janvier 2024) pourrait bien bouleverser cette façon de faire.

Les auteurs de cette étude ont analysé des échantillons prélevés à la fin des années 1980 à plus de sept mètres de profondeur sur deux sites de fouilles archéologiques dans le cœur historique de la ville d'York (Angleterre), ainsi que des nouveaux prélèvements réalisés à proximité (les sites ayant depuis été recouverts par des constructions).

Ce faisant, ils ont identifié pas moins de 16 types de microplastiques, c'est-à-dire de particules de plastique dont la taille varie de 1 μm (un millième de millimètre) à 5 mm. Les échantillons anciens avaient pourtant été datés à une période située… entre le premier siècle et le début du deuxième !

"Les particules se sont infiltrées dans des dépôts archéologiques"

"Il s'agit d'un moment important, qui confirme ce à quoi il fallait s'attendre : ce que l'on pensait être des dépôts archéologiques vierges, prêts à être étudiés, sont en fait contaminés par des matières plastiques, y compris des dépôts échantillonnés et stockés à la fin des années 1980", a déclaré le Pr John Schofield, du département d'archéologie de l'université d'York (communiqué).

Les microplastiques proviennent soit de morceaux de plastique plus gros qui se sont fragmentés, soit de granulés utilisés dans la fabrication de plastique industriel ou de matériaux entrant directement dans la composition de certains produits de beauté (microbilles des cosmétiques exfoliants, silicones…) – ce dernier usage ayant été interdit par l'Union européenne en avril 2023, les derniers produits concernés devant disparaître d'ici 12 ans (Reporterre, mai 2023).

"Nous considérons les microplastiques comme un phénomène très moderne, car nous n'en entendons parler que depuis 20 ans, lorsque le professeur Richard Thompson a révélé en 2004 qu'ils étaient présents dans nos mers depuis les années 1960, avec le boom de la production de plastique de l'après-guerre", explique David Jennings, directeur général de York Archaeology (communiqué).

"Cette nouvelle étude montre que les particules se sont infiltrées dans des dépôts archéologiques et que, comme dans les océans, ce phénomène est susceptible de se produire depuis une période similaire."

Et le Pr Schofield de déplorer : "Nous connaissons les plastiques dans les océans et les rivières. Mais ici, nous voyons notre patrimoine historique incorporer des éléments toxiques."

Dégradation chimique des vestiges anciens ?

Outre la pollution qu'ils représentent en eux-mêmes, ces microplastiques risquent, avertissent les auteurs de la nouvelle étude, de dégrader de précieux vestiges au point de fausser les analyses scientifiques.

"Les découvertes vikings de Coppergate (plusieurs milliers d'artefacts mis au jour à York, NDLR) sont demeurées dans un environnement anaérobie (sans oxygène) saturé d'eau pendant plus de 1 000 ans, ce qui a permis de préserver les matières organiques de manière exceptionnelle", illustre David Jennings. Or, "la présence de microplastiques peut modifier- et modifiera- la chimie du sol, en introduisant potentiellement des éléments qui entraîneront la décomposition des restes organiques."

"Si tel est le cas, la préservation de l'archéologie in situ pourrait ne plus être appropriée", en déduit-il. L'équipe estime que les archéologues devront donc "poursuivre leurs recherches en priorité sur l'impact des microplastiques" fabriqués par l'Homme sur les dépôts archéologiques.

Plusieurs études récentes ont par ailleurs révélé la présence de microplastiques dans les nuages et jusque dans les glaces de l'Antarctique, ainsi qu'une pollution des océans encore plus large qu'on ne le soupçonnait jusqu'à présent.

https://www.geo.fr/

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