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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

06/10/2016 01:04 2025
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Les douanes pensent avoir découvert des pièces venant des pillages perpétrés par Daech

La marchandise en transit par Roissy se présentait dans un solide caisson en bois. Mais la provenance et les documents ont fait tiquer les douaniers. Cette cargaison en provenance du Liban et à destination de la Thaïlande mentionnait sobrement « panneaux décoratifs pour le jardin ». « Pour expédier de simples éléments décoratifs de jardin, on emploie rarement de telles précautions. Il y avait de fortes suspicions qu'il s'agisse de biens culturels », explique Christophe Verbois, chef de la cellule de ciblage du fret aux douanes. Les 108 kg constituaient un autre indice. Le pays de provenance, le Liban, frontalier d'une zone de guerre, est sous haute surveillance. « Ce sont des sites de pillages potentiels », précise le responsable. La cellule de ciblage des douanes a vu juste. Soigneusement protégés par des épaisseurs de mousse, deux superbes bas-reliefs en marbre sculptés sont exhumés par les services douaniers.

Ville et édifice inconnus

La saisie a eu lieu début mars à Roissy mais les expertises du département des antiquités du Louvre viennent de parler : ces pièces sont authentiques et proviennent « probablement de la moyenne vallée de l'Euphrate, dans la région du Levant Nord ». Une région qui englobe l'Irak et la Syrie. C'est cette dernière qui semble être le pays d'origine. « Cette paire de plaques a été datée entre le XIV e et le XVI e siècle. Elles constituaient une clôture de base du chœur d'une église, appelée chancel levantin. Ce mobilier liturgique apparaît dans les églises paléochrétiennes », précisent les spécialistes. L'enquête, menée conjointement par le Service national de la douane judiciaire (SNDJ) et l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC), se poursuit. Il a pour l'instant été impossible de localiser la ville et l'édifice qui ont abrité ces joyaux architecturaux ornés de grappes de raisins et d'une jarre surmontée d'une croix chrétienne. Les investigations s'annoncent difficiles sinon impossible en raison des combats permanents sur le territoire syrien. Pour les douanes de Roissy, cette saisie n'est pas seulement une première. Elle est aussi riche d'enseignements. « Ce sont ces pillages qui financent Daech », explique Jean-Paul Balzamo, sous-directeur en charge de la lutte contre le fraude et fin connaisseur des réseaux de trafiquants de biens culturels. « On s'aperçoit que Daech commence à lâcher la marchandise beaucoup plus vite qu'avant. L'organisation Etat islamique a beaucoup perdu avec le tarissement de la manne pétrolière. Il se trouve à cours de financement, décrypte-t-il. Des pièces uniques comme ces bas-reliefs qui transitaient communément par des voies terrestres et des circuits parallèles plus complexes empruntent maintenant d'autres trajectoires beaucoup mieux surveillées. »

Soustraits aux réseaux mafieux, les bas-reliefs seront conservés en lieu sûr et seront restitués à leur pays d'origine quand les armes se seront tues.

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/

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