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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

05/08/2015 01:14 870
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Fondu sous la dynastie des Tây Son (1778-1802), le tambour en bronze de Canh Thinh a été reconnu en 2012 «objet d’importance nationale». Conservé au Musée national de l’histoire du Vietnam (MNHV), il est unique en son genre.

Bien proportionné, le tambour de bronze de Canh Thinh mesure 37,4 cm de haut, 49 cm de diamètre au niveau du plateau et affiche 32 kg sur la balance. Le centre de son plateau est décoré de deux cercles en relief. Le corps, cylindrique, comprend trois parties d’égales largeurs, séparées par deux bandes en relief. Chacune de ces trois parties contient des motifs décoratifs raffinés. Au milieu de la caisse, à équidistance, sont installés quatre oreilles. L’ensemble du tambour est gravé d’idéogrammes chinois.

Un objet destiné à une bienfaitrice

Les motifs comprennent notamment les quatre animaux fabuleux : dragon, licorne, tortue et phénix. Chacun a un sens particulier. Le dragon symbolise l’autorité. Le phénix exprime non seulement l’honnêteté et la beauté des femmes mais encore la paix et la prospérité. La licorne incarne la chance et la charité. Et la tortue, la longévité. La présence des quatre animaux exprime l’espoir d’une société paisible, prospère, de températures clémentes et de bonnes récoltes.

Un autre motif récurrent, c’est le cheval-dragon et la tortue avec le carré de Luo Shu (diagramme mathématique et ésotérique chinois du IIe siècle avant J.-C). Un troisième motif est le Thao Thiêt, une créature vorace. Elle mange beaucoup sans se rassasier, même des parties de son corps. Le Thao Thiêt symbolise la puissance, la vie prospère et durable.

En déchiffrant les nombreux idéogrammes gravés sur le corps du tambour, les scientifiques ont pu connaître la date, le lieu et la raison de sa fabrication, ainsi que les artisans impliqués. Le tambour a été moulé un jour faste de l’année 1800 dans la commune de Phù Ninh, district de Dông Ngàn (province de Tu Son), actuellement chef-lieu de Tu Son (province de Bac Ninh au Nord).

Quelques motifs ornementaux en détail. Photo : MNHV/CVN

Nguyên Thi Lôc, une villageoise de la commune de Phù Ninh et épouse d’un mandarin sous le règne du roi Lê Y Tông (1719 - 1759), avait financé la construction de la pagode Linh Ung (ou pagode Nành). Pour marquer la générosité de cette femme, les habitants de Phù Ninh ont collecté de l’argent et ont travaillé ensemble pour mouler ce tambour en bronze et d’autres objets.

Particularités et héritage

Si les anciens tambours en bronze du Vietnam, comme ceux de la culture de Dông Son (du VIIe siècle avant J.-C au IIIe siècle après J.-C) et de l’ethnie Muong, comprennent trois parties (plateau, caisse et socle), le tambour de Canh Thinh se compose seulement d’un plateau et d’une caisse. En plus le tambour de Canh Thinh a une forme cylindrique régulière tandis les tambours dôngsoniens sont évasés à la base, étranglés sous le plateau.

Outre l’originalité dans la forme, ce tambour est bien proportionné et doté de motifs ornementaux. Avec la présence simultanée des quatre animaux fabuleux, d’une paire de cheval-dragon et tortue, ce tambour est censé ouvrir une nouvelle période de développement du pays pour la dynastie suivante, celle des Nguyên (1802-1945).

Pour le tambour de Canh Thinh, les artisans se sont inspirés de motifs des dynasties des Ly (1009-1225), Trân (1226-1400) et Lê postérieurs (1428-1528). Par exemple, le phénix en vol avec la tête en avant et les ailes largement déployées ressemble à l’oiseau Lac des tambours de Dông Son. Les cercles doubles du plateau font aussi écho aux rayons du soleil des tambours dôngsoniens.

À l’époque, il existait à Hanoi et dans les environs de nombreux villages de fondeurs de bronze très réputés, dont Ngu Xa (Hanoi), Dai Bai (province de Bac Ninh), Dai Dông (province de Hung Yên). La comparaison des techniques et motifs sur le tambour de Canh Thinh à ceux de tambours et autres objets en bronze du village de Ngu Xa a montré la possibilité qu’une coopération entre artisans de différents villages ait été établie pour fabriquer ce tambour original, à nul autre pareil.

Nguyên Quôc Huu/CVN

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Les motifs que l’on rencontre sur les pièces retrouvées au large de Cù Lao Chàm sont d’une grande variété. Deux grands types prédominent: les décors caractérisés par des dessins nets et fouillés, peints en bleu turquoise- cette teinte désignée sous le nom de: “Parker blue” par les collectionneurs-, et les décors offrant des tons plus clairs d’un bleu tirant sur le gris. Tout l’art du peintre décorateur réside dans son habileté à s’adapter aux formes, à l’aide d’une technique élaborée et d’une grande délicatesse utilisant le bleu de cobalt sous couverte et, dans un second temps, après une première cuisson, les émaux peints sur couverte. Véritables calligraphes, ces peintres font preuve d’une remarquable aptitude à figurer des lointains, à esquisser en traits virtuoses et rapides les sujets les plus divers, à évoquer avec poésie un paysage parcouru par une petite rivière en quelques coups de pinceau. Leur sens aigu de l’observation les conduit à aborder les thèmes du quotidien- combats de coqs, mère berçant son enfant, etc -, sans pour autant négliger les sujets animaliers, accordant une large place aux oiseaux les plus divers, aux insectes, aux papillons comme aux poissons ou aux crevettes.