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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

30/05/2016 00:33 1169
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Les groupes ethniques minoritaires ont plusieurs cérémonies et rites particuliers comme la cérémonie de l'abandon de la tombe, la cérémonie du culte de la Terre du village, l’invocation à la pluie chez les Kho Mu, etc.

Cérémonie de l'abandon de la tombe (Lễ Bỏ Mả)

A la différence d’autres groupes ethniques, quelques groupes dans les Hauts-Plateaux du Centre comprenant Êdê, Gia Rai, Ba Na ne pratiquent pas le culte de leurs ancêtres et des défunts. Trois ans, cinq ans ou sept ans après l’enterrement du mort, on organise une cérémonie appelée “la cérémonie de l’abandon de la tombe” destinée à reconduire le mort dans l’autre monde. C’est la plus importante cérémonie réservée au défunt organisée par sa famille, ses proches avec la participation de la communauté. On prépare du riz, de la viande pour la cérémonie. Cette cérémonie est organisée pendant deux à cinq jours au cimetière, autour de la maison funéraire. C'est la dernière et la plus importante cérémonie des rites funéraires. Elle est destinée à reconduire le mort dans l'autre monde. Après la cérémonie, les liens entre les vivants et le mort n'existent plus. Les festivités expriment un grand esprit communautaire chez ces groupes minoritaires.

(image de l’internet)

La cérémonie de l’abandon de la tombe est destinée à dire adieu au mort avant son arrivée au pays des fantômes, demeure éternelle de son âme, et à libérer l’âme du mort pour qu’il puisse continuer une nouvelle vie. De leur part, les vivants finissent leurs devoirs envers le mort et ils sont désormais libres de se remarier.

La cérémonie de l’abandon de la tombe est attachée au cycle agricole. Elle se déroule au temps de transition entre deux cycles de production. Elle est également une occasion de remercier les génies et de les prier d’accorder une bonne récolte

Malgré que cette cérémonie s’attache aux rites funéraires, elle porte la nuance d’une fête. Elle se compose de trois phases : destruction de l’ancienne maison funéraire pour la construction d’une autre plus grande; conduite de l’âme au monde des ancêtres et enfin le festin de remerciement.

Cérémonie du culte de la Terre du village (Lễ cúng Đất làng)

C'est la fête des Ba Na qui vivent à Kon Tum et à Gia Lai. Cette cérémonie a lieu à la fin du 2emois lunaire et au début du 3emois lunaire en préparation d'une nouvelle récolte ou d'un déménagement du village sur une nouvelle terre.

Les ethnies Ba Na participent aux cérémonies pendant 2 jours, avant la nouvelle construction du village. Ils adressent leurs prières aux Génies pour, demander la prospérité, des conditions favorables pour leur travail, et en même temps pour annoncer aux esprits le travail à venir pour l'année.

(Image de l’internet)

Le culte de Câu Mùa de l’ethnie Êdê (Lễ Cầu Mùa của dân tộc Ê Đê)

Chaque année, quand arrive le temps de «façonner la terre» dans les hauts plateaux du Centre (de mars à décembre), les Êdê organisent nombre de fêtes et cérémonies réservées à s’attirer les bonnes grâces du Ciel et des forces occultes qui gouvernent leur destinée, notamment leurs activités champêtres. Elles sont très diverses et ont leur propre fonction: la cérémonie de culture du riz, la sollicitation de la pluie, le culte du Dieu du vent, etc. La cérémonie de Câu Mùa, quant à elle, est destinée à marquer l’entrée dans une nouvelle période de culture et de chasse, en invoquant un temps clément et la prospérité.

Le pilier, élément essentiel à la cérémonie Lê Câu Mùa des Êdê, bénéficie d’un soin tout particulier. Photo : CTV/CVN

Ayant lieu au mois de mars ou d’avril (selon le calendrier lunaire), la cérémonie concerne tout le village. Les habitants ne vont pas aux champs, ils restent au village pendant des jours pour sa préparation et son organisation.

Avant la cérémonie, tout ce petit monde s’affaire à la modélisation d’entrepôts de riz, de dieux, d’animaux et d’instruments aratoires en bois, sans oublier une jarre à alcool et un pilier orné de motifs colorés, qui bénéficient tous deux d’un travail particulièrement soigné.

Ceci fait, le rite peut débuter. Le maître de cérémonie dispose dans une configuration précise ces modèles, puis adresse ses prières au Ciel et à la Terre en entonnant une chanson d’invocation pour une bonne saison. Les paroles évoquent le souhait d’un temps clément, que les mauvais esprits soient chassés, que tous les habitants soient en bonne santé et bénéficient de récoltes abondantes. Puis, les villageois désignent certains parmi eux à reproduire le processus d’ensemencement du riz autour du pilier. Une fois la scène terminée, le maître de cérémonie arrose copieusement la terre pour apporter la chance aux habitants et solliciter des pluies suffisantes pour une bonne récolte.

Lorsque la cérémonie est terminée, le chef du village invite tous les villageois à venir chez lui manger du porc et boire de l’alcool pour saluer la venue de la nouvelle saison agricole.

L’invocation à la pluie chez les Kho Mu (Lễ Cầu Mưa của người Khơ Mú)

Avant les semis, les Kho Mu ont l’habitude d’organiser une grande cérémonie pour invoquer la pluie, cérémonie au cours de laquelle ils appellent l’âme de leurs ancêtres à intercéder en leur faveur auprès du ciel, de la terre et des génies. Mais cette fameuse cérémonie est aussi un beau témoignage de la spiritualité animiste des Kho Mu. Cette invocation à la pluie est inscrite dans leurs croyances : « Cette invocation existe depuis longtemps. Autrefois, elle avait lieu avant les semis. C’est exactement comme aujourd’hui ! C’est une manière de s’assurer des pluies abondantes, gages de bonne récolte. Sinon, c’est le malheur assuré ! »

(image de l’internet)

Dans cette cérémonie, On abat des porcs et de la volaille et on invite tout le monde à venir festoyer. C’est une coutume qui doit être scrupuleusement observée, sinon les choses risquent de mal tourner." La coutume veut que l’invocation se fasse avec l’ensemble de la communauté villageoise. Pour ce qui est des offrandes, rien de compliqué: chacun donne ce qu’il a et contribue à mesure de ses propres capacités. Après les rites, c’est l’heure de la danse, une danse rythmée par les gongs. En général, les jeunes s’en donnent à cœur joie et entraînent tout le monde dans leur sillage, enfants et vieillards compris. Quant à la danse elle-même, elle est des plus simples : chacun danse comme il l’entend, dans la liesse générale. Cette cérémonie a lieu une fois chaque année et c’est la plus importante pour l’ethnie Kho Mu. Il est donc normal de prier pour que le temps est proprice aux cultures. Ils chantent et ils dansent pour que le ciel entende et exauce leurs vœux.

C’est donc une nouvelle saison agricole qui s’ouvre chez les Kho Mu du village de Ten. Avec cette invocation rituelle, ils prennent un nouveau départ en se plaçant sous les meilleurs auspices. Les voilà armés pour affronter toutes les difficultés à venir !

Le mariage chez les Thai noirs (Đám cưới của người Thái Đen)

Les Thai, c’est une ethnie qui a su préserver plusieurs de ses traditions, notamment en ce qui concerne le mariage. Avec ses caractères originaux, la cérémonie nuptiale des Thai contribue à embellir et enrichir la culture de la haute région, et celle du peuple vietnamien plus globalement.

Si la modernité a pu réussir une infiltration plutôt modeste et uniquement décorative dans les mariages Thai, cette ethnie a su préserver quasi-intacts tous ses rites nuptiaux, tels qu’ils sont pratiqués depuis des milliers d’années. Avant le mariage, le futur marié doit venir vivre pendant une longue période chez sa future épouse. cette période durait entre 6 et 12 ans. Pendant cette période, le père de la future mariée devait lui apprendre tout ce qui serait nécessaire à sa vie de couple.” Aujourd’hui, cette période a été raccourcie à quelques mois. Mais elle demeure une obligation.

(image de l’internet)

Dans la cérémonie de mariage traditionnelle de l’ethnie Thai, la famille du marié doit passer trois rites principaux.

Le premier s’appelle cham ngo (rencontre). Le deuxième est an hoi (fiançailles) avec comme présents bétel et noix d’arec. Le troisième s’appelle don vo (accueil de la femme).

Dans le 3e rite, la famille du marié est obligée de se lever très tôt pour abattre le boeuf, préparer les présents avant de les apporter à la famille de la mariée. Ces présents comprennent cochon, riz gluant, alcool, coq, poissons secs dans la corbeille tressée, tube bang nhua (viande maigre marinée de sel puis farcie dans un tube en bambou) pour l’oncle de la mariée, 4 paquets xi ho, khat pu (paquets d’un bétel venant de la forêt, qui parasite l’arbre co hat).

La famille du marié prépare aussi deux plats: ca chua (poisson fermenté) et banh chung (gâteau du riz gluant). Le ca chua montre l’habileté et le talent des hommes Thai. Les poissons ont été pêchés dans la rivière puis séchés, hachés, enfin farcis dans les tubes de bambou. Une semaine après, les poissons fermentés dégagent une bonne odeur, le goût est aigre. Le banh chung, quant à lui, est fabriqué à partir de riz fluant avec un noyau de viande, mais sans haricot mungo (différence avec le banh chung de l’ethnie Kinh).

Un autre rite important dans la cérémonie de mariage des Thai est bui toc nguoc (rite du chignon). La famille du marié envoie un groupe de femmes débrouillardes pour aider la mariée à préparer ce rite. La famille de la mariée envoie aussi deux amies de celle-ci, qui joueront le rôle de demoiselles d’honneur à la cérémonie de mariage. Dans ce rite, les parents du marié donnent comme présents deux chignons postiches, broche de cheveux en argent, étoffe blanche tissée, brocatelles, ceinture et argent liquide. Les parents de la mariée, de leur côté, donnent à leur fille une étoffe blanche tissée, des brocatelles, de l’argent liquide, un peigne, un bol d’eau pur. La nai tâu, personne choisie pour tordre les cheveux de la mariée en chignon, chantera des paroles de meilleurs vœux pour le couple.

La cérémonie de mariage chez les Thai doit se faire deux fois. La première fois regroupe tous les membres des familles du marié et de la mariée. Les membres de la famille du marié restent un jour chez la famille de la mariée. Le marié, lui, reste de deux à sept jours. Après ça, la mariée passe deux à sept jours chez sa future belle-famille. L’occasion de bien faire connaissance avant le jour J.

La deuxième fois, un à deux ans après la première, c’est la cérémonie de mariage officielle. Le couple porte alors les plus beaux vêtements traditionnels de l’ethnie. La mariée apporte à la famille du marié le matelas et la couverture qu’elle a tissés elle-même. La fête dure trois jours.

Au fil des années, certains rites de la cérémonie de mariage des Thai ont été réduits mais les caractères originaux demeurent…

Nguyen Thuy (synthèse)


MNHV

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Le culte des Rois Hùng est une expression forte de la conscience de l’histoire nationale et du respect des gens du peuple envers leurs ancêtres. Cette pratique culturelle constitue le lien affectif entre les familles, les villages et la nation. Il est aussi un symbole national liant le passé au présent qui nourrit sans cesse la solidarité entre les communautés ethniques. Cette croyance est devenue le principe moral “quand on boit de l'eau, il faut penser à sa source” de toutes les régions du Vietnam.