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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

21/08/2015 15:28 1744
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Le riz demeure la nourriture de base du Japonais moderne. Nombre de festivals, d’usage et de coutumes nous parlent de la culture de cette céréale. À peine commencée dans le Nord du Kyûshû vers le IIIe siècle avant JC, la riziculture se propagea très rapidement à toutes les régions de l’Archipel. Tant à l’Est du Honshû que dans le Sud du Kyûshû, on voit se constituer une société prenant la riziculture pour base. Les frimas du Hokkaïdô bloquèrent sa remontée au Nord, sa réception dans l’Archipel de Kyûshû à l’extrême Sud sera plus tardive

Ainsi ces premiers âges de la culture du riz furent appelés époque Yayoi, du nom du lieu où furent trouvés les premiers exemplaires connus de cette céramique qu’utilisaient alors les riziculteurs. L’Homme de Yayoi possédait dès le début une culture agricole de haut niveau. Nombre d’éléments conférant ses caractéristiques à la culture Yayoi peuvent en effet être retracés dans la Chine méridionale et la péninsule coréenne. En fait, la culture Yayoi se situe dans le prolongement d’une très longue histoire de la riziculture qui, à partir du Sud de la Chine, gagna de proche en proche les régions circonvoisines. On assigne comme vecteur de cette propagation au Japon des immigrants venus du Sud de la péninsule coréenne fuyant l’agitation et l’insécurité sociales de leur région.

Les premiers villages agricoles

Une des caractéristiques des premiers villages agricoles de l’époque Yayoi était la douve profonde dont ils s’entouraient. Ainsi le site d’Otsuka, à Yokohama, est un de ces villages entourés d’une douve telle que celles qui se sont creusées dans le Nord du Kyûshû aussitôt qu’on commença à y cultiver le riz, bien que celle-ci appartienne à une période légèrement postérieure au commencement de la riziculture dans le Nord du Kyûshû. La plupart des habitations en “fosse” mises à jour sur le site d’Otsuka ont été détruite par le feu, vraisemblablement au cours d’un raid ennemi, car les ossements présentant des traces de blessusres par le glaive ou la flèche ne sont pas rares. Il semblerait donc que les débuts de la riziculture marquèrent également ceux des luttes entre villages.

Grenier sur pilotis pour l’entreposage des gerbes de riz

Outre les habitations “en fosse” on trouvait également dans le périmètre du village des bâtisses surélevées pilotis pour y entreposer le riz non décortiqué. Les rizières étaient tracées généralement en contrebas du village, dans les terres basses innondées, séparées par des billons, entourées de canaux d’irrigation avec système d’écluses faites de pieux et de planches enfoncés dans le sol.

Le bois était le principal matériau dont on faisait les instruments aratoires et les ustensiles de la vie courante, houe, bêche, pilon et mortier à décortiquer le riz, métier à tisser, instrument de musique à cordes, récipients divers, éventuellement des embarcations. Quant à l’outillage servant à fabriquer ces instruments, il se composait de divers types de haches de pierre polie, et même d’outils de fer pour les travaux plus fins. Au Japon, l’usage des ustensiles de fer correspond aux débuts de la riziculture, bien que dans une première période ils sont importés depuis la péninsule coréenne. La pierre, qui a longtemps fourni les matériaux pour la confection des faucilles servant à couper les plantes de riz, également des glaives et pointes de flèches utilisés dans les combats, est progressivement remplacés par le fer.

Avec les objets en bronze de la péninsule coréenne par le Nord de Kyûshû, on trouve glaives, piques et hallebar des utilisés comme armes. Ultérieusement, vers l’époque où l’on commença à couler le metal au Japon, l’on vit apparaitre énormément d’objets cultuels et de parures. Parmi les autres progrès techniques qui abordèrent l’Archipel Nippon en même temps que la riziculture, citons le filage et le tisage. Les poteries se classifiaient suivant les trois usages fondamentaux, comme partout d’ailleurs dans les sociétés agricules de l’Asie orientale, en récipients servant à la cuisson, à la conservation et à la consommation, la vaiselle en somme.

Apparition de l’Homme de Yayoi

Le premier homme de Yayoi de l’Ouest de l’Archipel, à commencer par le Nord du Kyûshû, apris trois centimètres, en même temps que sa compagne, sur son frère de Jômon. Il a le faciès plus aplati, plus allongé aussi, que l’homme de Jômon, ce qui lui donne davantage l’apparence de l’homme de l’âge de la pierre de la péninsule coréenne, voire du Japonais moderne. C’est ce qui amène les anthropologues à évoquer une migration, depuis le Sud de la péninsule coréenne via le Nord du Kyûshû, qui se répandit dans l’Ouest en se métissant avec l’Homme de Jômon.

Un établissement d’homme de Yayoi entouré de sa douve protectrice (Site archéologique d’Otsuka, préfecture de Kanagawa)

En outre, une comparaison des vestiges ayant trait à l’agriculture fait ressortir la relation existant entre la Chine du Sud, la Corée et le Japon. La variété de riz japonais oryza sativa japonica se retrouve sur l’Archipel Nippon, le Sud de la péninsule coréenne et de la Chine; même distribution pour les haches et les outills de pierre servant à la récolte. En outre, les glaives de pierre polie, les pots de terre et les sépultures sous dolmens (tombes surmontées d’une grande pierre) connus en Kyûshû présentent une configuration identique à ceux retrouvés dans le Sud de la péninsule coréenne. Par contre, on peut attester que les objets tels que glaives de bronze, outils de fer coulé ou poteries de type coréenne, sans décoration, sont arrivés dans le Nord du Kyûshû via la péninsule coréenne depuis le Nord-Est de la Chine. Autant de faits militant en faveur d’une migration initiale issue de Chine du Nord-Est vers la peninsule coréenne et chassant devant elle une partie de la population de riziculteurs du Sud de la Corée, qui serait passée au Nord du Kyûshû. Les nouveaux migrants se fondirent rapidement dans les autochtones tout en répandant leur nouvelle technologie.

Des habitudes alimentaires stables fondées sur la consommation du riz ne peuvent que faire croître la population et encourager au défrichement de davantage de rizières. Les petits groupements humains qui s’égaillent dans la plaine à la recherche de terres propices à la rizification en viennent à renforcer leurs liens sociaux par le canal de la structure familiale, du travail de gestion de la rizière, le tout souligné par la tenue de festival célébrant “la plante”, le riz, ce qui à son tour encourage une unification régionale.

Lorsque, en 57 après JC, un chef de communauté du Nord de Kyûshû envoya une mission diplomatique auprès de l’empeureur de la dynastie des Han de l’Est, il y avait trois siècle à peine qu’avait commencé la riziculture.

Les fêtes du riz

La culture du riz transforma profondément la pensée et les croyances des hommes qui l’avaient reçue, car au coeur même de celles-ci civait l’idée que, tout comme l’homme, le paddy, ou la plante de riz, abritait une âme, un esprit. D’où l’origine des fêtes du riz avec à la base la croyance que, pour une récolte abondante, il fallait fêter le plus somptueusement possible les esprits du riz. Les poteries peintes en rouge apparues avec la riziculture et les cloches de bronze dôtaku mises à jour sur un vaste territoire autour de la région de Kinki, sont considérées comme des instruments cultuels utilisés dans les cérémonies d’hommages fervents aux esprits du riz. On devait reconnaître au son métallique de ces dôtaku heurtées un pouvoir dissuasif sur les forces du mal toujours promtes à menacer les esprits du riz.

Ces cloches dôtaku furent invariablement mises à jour à certaine distance de l’établissement, ce qui laisse supposer qu’en cas de menace pesant sur les esprits du riz, les cérémonies salvatrices se pratiquaient dans un no man’s land entre le domaine policé de l’homme et la nature sauvage, donc en dehors du village, où par temps normal l’on tenait les cloches enterrées. Plus tard il apparut que les cloches dôtaku furent enterrée sur les zones fronctières d’influence des régions de Kinki et de Tookai. C’est que, avec l’unification accrue des communautés agricoles, ces cloches allaient jouer désormais un rôle de protectrices de régions entières.

Cloches de bronze dôtaku et cérémonie du riz s’y rattachant

Les piques, vouges et hallebardes de bronze, martelés dans le Kyûshû, armes par la forme, mais objets cultuels par destination, se trouvaient également enterrés. Ce fut vers l’époque où l’influence de la région de Kinki engloba le Kyûshû que, cloches dôtaku comme piques de bronze perdant leur signification première, l’on vit apparaitre en lieu et place, de grandes sépultures kofun (ou tumulus ancien) dites zempôkôen (avant-carré-arrière- circulaire), ou en “troude serrure”, pour abriter le sommeil éternel des grands chefs de tribus.

Quelques autres images:

Cercueil en urne de terre de l’époque Yayoi (Site de Nagaoka, préfecture de Fukuoka).

Sceau d’or concédé par l’empereur de Chine des Hans de l’Est (réplique).

Modèle de terre funéraire de l’époque Yayoi (Chûsenji, préfecture de Shimane).

Modèle de terre funéraire (kofun), dit zempôkôen (avant-carré-arrière- circulaire), dans la région de Kinki, centre d’une alliance politique qui se manifesta de bonne heure (Tertre Funéraire de Hashihaka, Préfecture de Nara)

Nguyen Thuy (présenter)

(Source: Histoire et civilisation du Japon)

Musée National d'Histoire du Vietnam

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