lundi, 08/08/2022
  • Tiếng Việt
  • English
  • French

Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

06/07/2015 10:38 1603
Rating: 0/5 (0 votes)
De la fin du IIIe siècle, ou début IVe siècle jusqu’au VIIe siècle, l’on voit s’élever dans tout l’Archipel d’imposants kofun (ou “tumulus ancien”). Extrêmement divers dans leurs formes et leurs dimensions, ces tombeaux présentent tous la caractéristique d’être architecturés et de reproduire extérieurement la forme caractéristique dite en “trou de serrure”. Certains occupent plusieurs hectares, le tumulus pouvant parfois s’étendre sur 480 mètres, et être encerclé d’un fossé. La période de l’histoire japonaise symbolisée par ces structures gigantesques est aussi celle qui vit la formation de l’ancien Etat japonais.

En retraçant le processus d’apparition des kofun (ou tumulus ancien) et par une réflexion sur les raisons qui présidèrent à l’érection de semblables kofun sur l’ensemble de la région du Kantô, appelée Tôgoku (Pays de l’Est) dans l’antiquité, on s’efforce de dégager dans cette exposition leur processus d’évolution et le rapport qu’ils entretiennent avec la formation d’un Etat japonais ancien.

Apparition des grandes sépultures (kofun)

Du milieu à la fin de l’époque Yayoi, dans plusieurs régions du Japon se construisirent des sépultures de chefs de clans recouvertes de tumulus de très grandes dimensions. Le Tumulus de Tatetsuki, dans la Préfecture d’Okayama, par exemple, se présente comme une imposante structure en dôme de quatre-vingt mètres de long avec une projection à chaque extrémité. De grande pierres sont plantées au sommet du tertre et sur son pourtour. Des fouilles dans la région, ultérieusement appelé Kibi, autour de l’actuelle Préfecture d’Okayama, ont livré des vaisselles offertoires, avec leurs piédestals, constituées de poteries de forme tout à fait particulière, préfigurant les haniwa cylindriques de la seconde moitié de l’époque des grandes sépultures. D’une part, dans la région de San-in (Préfectures de Tottori, Shimane et une partie de Yamaguchi), l’on vit s’élever un grand nombre de tumulus de base carrée aux pentes recouvertes de pierres, flanqués d’une projection aux quatre coins. Parmi les tumulus de la région de Kinki, le site de Makimuku (Préfecture de Nara) offre un tumulus saillant en dôme de grande envergure, sépulture également assignée à la même époque.

L’existence dans ces tumulus funéraires de caractéristiques différant selon les régions montre que dans chaque région s’étaient constituées, de la deuxième partie à la fin de l’époque Yayoi, des zones où se pratiquaient des rites funéraires similaires pour les chefs de communautés.

D’autre part, vers la fin du IIIe, siècle, début IVe siècle, l’on voit s’élever dans toutes les régions du Japon de l’Ouest des sépultures recouvertes cette fois d’un tumulus de dimensions beaucoup plus imposantes et de forme définitivement fixée qu’on appellera justement zempôkôen (avant-carré- arrière-circulaire). Toutes renferment dans une chambre funéraire de pierre, rappelant l’habitation en “fosse”, un cerceuil de bois en forme de rondin. Et dans le cerceuil, de nombreux objets, miroirs et autres, suggérant un indiscutable caractère magique, donc que le chef enseveli était aussi un chef religieux. Les kofun de la première époque, répandus principalement le long des côtes de la Mer Intérieure, de la région de Kinki au Nord de Kyûshû, s'ils se sont constitués comme archétypes des tombeaux de chefs coiffés d’un tumulus de la fin de l’époque Yayoi, offrent toutefois de grandes différences, tant d’échelle que de contenu, avec les tombes qui suivirent. L’émergence des kofun dans une zone très étendue, allant de la région de Kinki à l’Ile de Kyûshû et présentant un contenu identique, donne à penser que de nouvelles alliances se sont formés entre les groupes politiques du Japon de l’Ouest. Le kofun de Hashihaka, par exemple, dans la Préfecture de Nara, est beaucoup plus grand que les kofun des Préfectures d’Okayama ou de Fukuoka de la même période, reflet immédiat de l’importance particulière de la puissance de la région de Kinki, sinon la prépondérance, dans la formation des alliances politiques.

Dans la seconde moitié du IVe siècle, les kofun que l’on trouvait partout dans le Japon de l’Ouest commencèrent à se propager très rapidement dans le Japon de l’Est et le Sud du Kyûshû, ce qui signifierait que les alliances politiques nouées le long des côtes de la Mer Intérieure de Seto se multipliaient rapidement pour gagner les autres régions.

Les grandes sépultures dans l’Est du Japon

Dans la région du Kantô également, l’érection de grandes sépultures de forme fixée en “trou de serrure” apparaît dans la seconde moitié du IVe siècle, leur format va suivre la gigantification des dimensions qui se manifestera dans tout le Japon dès le Ve siècle. Les objets accompagnant le mort dans la tombe consistent principalement en panoplies de guerriers, armures, casques, glaives, pointes de flèches, etc, une indication que les chefs de cette époque étaient également des chefs de guerre.

Dans la régions de la Préfecture de Gunma, le Kamitsukeno de l’antiquité, furent découvertes de grandes sépultures en “trou de serrue” de plus de 170 mètres, l’une d’elle, la plus grande du Kantô, à Ota Tenjinyama, atteint même 210 mètres. Ces grandes sépultures sont supposées appartenir aux grands chefs qui surent nouer des alliances sur toutes la région de Kamitsukeno. Dans les tombes de ces chefs, et dans d’autres sépultures de taille plus réduite, on trouve des cercueils de pierre façonnaient ces grandes tombes de classe royale du Kinki étaient mandés jusque dans l’Est du Japon pour exécuter des commandes de cerceuils pour les puissants. Il est tout à fait plausible par conséquent que, de la première moitié au milieu du Ve siècle, les rapports des grands chefs du pays de l’Est et des grands rois de la régions occidentale du Kinki aient été ceux de l’alliance.

Un glaive de fer mis à jour dans le Tumulus d’Inariyama, Préfecture de Saitama, présente une inscripton de 115 idéogrammes en incrustation d’or relatant comment Owake se fit forger ce glaive en 471; suit une liste d’ancêtres remontant à la huitième ascendance, tous chefs guerriers qui vouèrent leur fer à la garde du palais du souverain et secondèrent Wakatakeru (vraisemblablement l’empereur Yûryaku) dans son gouvernement sur le peuple. Nous apprenons encore que le possesseur de ce glaive jura allégeance au “grand roi” de la région de Kinki. Ce texte permet d’inférer la modalité d’insection dans la structure du pouvoir des grandes familles du pays de l’Est qui en cette seconde moitié du Ve siècle se trouvaient dans la mouvance du grand roi du Kinki. Ce qui implique que les rapports d’alliance avec celui-ci s’étaient détériorés pour évoluer vers ceux de la vassalité.

La seconde moitié du Ve siècle au commencement du VIe siècle marque une époque de grands changements dans le jeu des alliances politiques des chefs de clans des différentes régions. Le kofun (ou tumulus ancien) se modifie lui aussi avec l’apparition d’une structure de sépulture entièrement nouvelle: le “corridor funéraire de pierre”. A la même époque, parures personnelles et harnachements en bronze doré, objets et poteries de céramique non glacée (sue-ki), sont l’accompagnement désormais obligé du défunt dans la tombe. Laquelle commence à accumuler les points communs avec les kofun de la péninsule coréenne. C’est durant cette même période que partout commencent à apparaître des kofun de format réduit. Ce qui renvoie à l’émergence dans le peuple, gouverné par les clans au pouvoir, d’une classe sociale suffisamment aisée pour se commander également ses kofun, et partant pour s’intégrer aux rouages du régime du Yamato. Les facteurs de ces importantes transformations sociales sont à chercher incontestablement dans les immigrants de la péninsule coréenne à partir du Ve siècle et de l’influence de la culture qu’ils amenèrent avec eux.

Symbole de la puissance des chefs de clans depuis l’apparition des kofun, les tumulus en “trou de serrue” se raréfient, pour disparaître totalement à la fin du VIe siècle. Suivant la mutation des sépultures des grands rois de la région de Kinki, qui passe de la configuration en “trou de serrure” au tumulus carré, les sépultures du pays de l’Est adoptent elles aussi la forme carré ou ronde. Lorsque sous le régime de l’Etat de droit qui s’organise, les puissantes familles locales, bâtisseuses des kofun, devront se reclasser comme fonctionnaires locaux pour avoir été dépouillées de leur pouvoir discrétionnaire sur la terre et le peuple, elles renonceront à leur goût pour l’édification des grandes sépultures.

Nguyen Thuy (présenter)

(Source: Histoire et civilisation du Japon)

Musée National d'Histoire du Vietnam

Shares:

Others

La cité impériale de Thang Long à Hanoi

La cité impériale de Thang Long à Hanoi

  • 18/06/2015 10:12
  • 1815

La cité impériale de Thang Long fut édifiée au XIe siècle par la dynastie vietnamienne des Ly, concrétisant l’indépendance du Dai Viet. Elle fut construite sur les vestiges d’une citadelle chinoise datant du VII siècle, dans les terrains drainés du delta du fleuve Rouge, à Hanoi. Elle fut le lieu du pouvoir politique régional de manière continue, pendant près de treize siècles.