samedi, 02/07/2022
  • Tiếng Việt
  • English
  • French

Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

14/02/2022 09:41 231
Rating: 0/5 (0 votes)
Au fil de son histoire, la peinture sur soie vietnamienne a connu des époques très glorieuses. Actuellement, les jeunes artistes s’efforcent de reprendre le flambeau.

Nguyên Thê Son conseilleune étudiante.  Photo : Vân Anh/CVN

Dans un atelier, des étudiants en 5e année de la spécialité "Peinture sur soie" de l’École des beaux-arts du Vietnam s’affairent. Une dizaine de jeunes artistes se plongent dans la création de leurs œuvres. La palette de couleurs d’une main, le pinceau de l’autre, les étudiants colorent minutieusement chaque petit détail du tableau. Sur la soie blanche et mince comme une feuille de papier, les couches de couleurs se superposent petit à petit. Les jeunes peintres livrent tout leur âme dans leur œuvre.
Le thème de cet atelier : les animaux et l’homme. Un thème assez large pour que la créativité des artistes en herbe puisse vraiment s’exprimer. Pham Thi Thuy Linh s’intéresse au sujet des animaux de compagnie. "Je veux raconter l’histoire d’une fille qui se confronte à beaucoup de difficultés dans sa vie. Il y a un petit chien qui reste toujours à côté d’elle comme un ami. Pour exprimer cette relation profonde, je dessine la fille assise sur une fleur d’iris. Cette fleur symbolise la fidélité et la sympathie".
Dang My Linh, elle, s’interroge sur la fortune des femmes dans la vie conjugale. La jeune fille décrit l’ambiance d’un mariage. Le mari porte un complet et la mariée une robe toute blanche. Mais un élément du tableau détonne : les visages du couple ont été remplacés par ceux de poissons. "Comme les poissons dans un bassin, les femmes sont confrontées à un contexte fait de contraintes durant le mariage", déplore l’étudiante.

L’âge d’or dans les années 1930

Les questions liées à la vie moderne sont exploitées et exprimées sur un matériau traditionnel des beaux-arts du Vietnam : la soie. Ce qui contribue à donner un nouveau souffle à cet art qui a connu plusieurs époques fastes. 

 

Une œuvre de Nguyên Phan Chanh. Photo : Archives/CVN

La peinture sur soie du Vietnam est née officiellement avec la fondation de l’École des beaux-arts d’Indochine en 1924. Le premier directeur de cette école, le français Victor Tardieu, encourageait toujours les étudiants à respecter les valeurs culturelles indigènes en exploitant les matériaux locaux dans leur création artistique comme la laque et la soie.

"Victor Tardieu a orienté les étudiants qui ne se familiarisaient pas à la peinture à l’huile typiquement de l’Europe vers celle sur soie pour qu’ils puissent valoriser leur capacité personnelle", explique Nguyên Thê Son, enseignant de l’École des beaux-arts du Vietnam.

Bien lui en a pris puisqu’une génération en or est sortie de cette école : Nguyên Phan Chanh, Lê Phô, Mai Trung Thu, Lê Thi Luu. Parmi eux, Nguyên Phan Chanh est considéré comme le précurseur de la peinture sur soie des beaux-arts d’Indochine. Ses œuvres, exposées pour la première fois à l’Exposition coloniale internationale tenue à Paris en 1931, ont rencontré un vif succès et ont été saluées par les collectionneurs étrangers. Nguyên Phan Chanh a capturé les scènes tranquilles et paisibles de la campagne vietnamienne en restituant minutieusement les couleurs familières de la nature.
La soie, avec son caractère de finesse, n’est pas facile à utiliser. Nguyên Phan Chanh a appliqué les techniques de superposition des couches de couleurs claires et de lavage de la soie à plusieurs reprises. Ces techniques nécessitent une grande minutie de la part du peintre mais offrent aux tableaux une profondeur troublante et une beauté raffinée. D’autre part, elles ont permis d’identifier une peinture sur soie spécifiquement vietnamienne, se distinguant ainsi de celle de Chine ou du Japon jouissant aussi d’une longue histoire.

 
 Nguyên Phan Chanh a capturé les scènes tranquilles et paisibles de la campagne vietnamienne. Photo : Archives/CVN

D’autres peintres vietnamiens comme Lê Phô, Mai Trung Thu, Lê Thi Luu ont également acquis une renommée mondiale. Plusieurs de leurs oeuvres se sont vendues aux enchères à des prix records. Ces succès montrent tout le prestige de la peinture sur soie vietnamienne.

Matériau traditionnel, art moderne

Après cet âge d’or des années 1930, la peinture sur soie a connu une époque difficile. Le Dôi Moi (Renouveau) a cherché à lui redonner ses lettres de noblesse mais son existence reste encore fragile.

"Depuis une dizaine d’années, la peinture sur soie reprend vie, grâce aux efforts des jeunes artistes-peintres. Ils cherchent à exploiter les nouveaux thèmes et à expérimenter de nouvelles méthodes", insiste Nguyên Thê Son. Et d’ajouter que la peinture sur soie peut traiter directement aux questions d’actualité. Elle n’est pas contrainte de rester dans ses thèmes traditionnels que sont les beaux paysages, le portrait, la vie quotidienne…

Outre l’aquarelle, les jeunes artistes mobilisent encore d’autres matériaux comme l’or, l’argent ou l’acrylique. "La peinture sur soie a la capacité de retrouver un âge d’or. Je crois en nos jeunes peintres talentueux. En bénéficiant des encouragements et avec un travail sérieux, ils pourront en refaire l’un des plus beaux représentants des beaux-arts vietnamiens", conclut Nguyên Thê Son. 

Vân Anh/CVN

https://lecourrier.vn/

Shares: